Risques allergiques : évaluation et prévention

Les allergies professionnelles sont la deuxième cause de maladies professionnelles en France. Elles se manifestent par des dermatites de contact, de l'asthme professionnel ou des rhinites. Les agents responsables sont nombreux : latex, farines, résines, isocyanates, produits capillaires.

15%Des dermatoses pro
2 500Asthmes pro reconnus/an
Tableau 65-66Maladies professionnelles
Conforme Art. R4121-1PDF immédiatMis à jour 2026

Qu'est-ce que le risque allergique professionnel ?

Le risque allergique professionnel désigne l'ensemble des réactions immunitaires anormales provoquées par l'exposition à des substances présentes dans l'environnement de travail. Ces allergènes peuvent être des agents chimiques (résines, isocyanates, métaux), des poussières organiques (farines, bois) ou des agents biologiques (latex, moisissures).

On distingue les allergies respiratoires (asthme professionnel, rhinite) et les allergies cutanées (dermatite de contact allergique, urticaire). La sensibilisation est irréversible : une fois sensibilisé, le travailleur réagira à des doses de plus en plus faibles de l'allergène.

Les métiers les plus touchés sont la boulangerie (farines), la coiffure (produits capillaires, persulfates), le BTP (ciment, résines époxy) et la santé (latex, aldéhydes).

Référence légale

« L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. »

Art. L.4121-1 du Code du travail

Pourquoi évaluer le risque allergique dans le DUERP ?

L'évaluation du risque allergique dans le DUERP est obligatoire au titre du risque chimique et biologique dès que des salariés sont exposés à des allergènes connus. La reconnaissance d'un asthme professionnel ou d'une dermatite de contact entraîne souvent un reclassement professionnel et un coût significatif pour l'entreprise.

Les allergies professionnelles sont reconnues aux tableaux 65, 66 et 66bis des maladies professionnelles. La substitution des allergènes est la mesure prioritaire.

Inventaire des allergènes

Recenser tous les produits contenant des allergènes connus à partir des FDS (rubrique 11 — toxicologie), des fiches INRS et de la littérature médicale.

Outil : FDS + base allergènes INRS

Surveillance médicale ciblée

Le médecin du travail peut prescrire des examens ciblés : prick-tests cutanés, dosage d'IgE spécifiques, spirométrie pour les expositions respiratoires.

Outil : Bilan allergologique

Analyse des déclarations de MP

Exploiter l'historique des maladies professionnelles allergiques dans l'entreprise pour identifier les postes et les substances les plus à risque.

Outil : Données CPAM / Médecin du travail

Quelles situations exposent au risque allergique ?

Les allergies professionnelles surviennent par contact cutané ou par inhalation d'allergènes dans de nombreux métiers.

Farines et poussières de céréales

Les boulangers, pâtissiers et meuniers sont exposés aux farines de blé, seigle et additifs (amylase). L'asthme du boulanger est la première cause d'asthme professionnel en France.

BoulangeriePâtisserieMeunerieAgroalimentaire

Produits de coiffure et cosmétiques

Colorations (PPD, paraphénylènediamine), persulfates (décoloration), permanentes (thioglycolate). Dermatites de contact et asthme chez les coiffeurs.

CoiffureEsthétiqueCosmétiques

Latex et désinfectants en santé

Gants en latex naturel (protéines allergisantes), aldéhydes (glutaraldéhyde, formaldéhyde), ammoniums quaternaires. Allergie immédiate ou retardée.

HôpitalCabinet dentaireLaboratoireEHPAD

Résines et colles dans le BTP

Résines époxy (durcisseurs aminés), ciment (chrome VI), isocyanates (mousses PU). Dermatites de contact et asthme professionnel.

BTPPeintureMenuiserieCarrosserie

Métaux et fluides d'usinage

Chrome, nickel, cobalt dans les alliages. Fluides de coupe contenant des biocides et des amines. Dermatites de contact fréquentes en métallurgie.

MétallurgieUsinageProthèse dentaire

Comment prévenir le risque allergique au travail ?

La prévention des allergies professionnelles suit la hiérarchie : substituer l'allergène, réduire l'exposition par captage et ventilation, protéger individuellement et surveiller médicalement.

Substitution des allergènes

Remplacer les produits sensibilisants

Gants sans latex (nitrile ou vinyle), résines sans isocyanates, colorations sans PPD, ciment à faible teneur en chrome VI (< 2 ppm).

Priorité haute

Formes moins émissives

Préférer les liquides aux poudres (farines prémélangées, produits en gel plutôt qu'en spray). Réduire l'aérosolisation.

Priorité haute

Protection collective

Captage et ventilation

Aspiration localisée au-dessus des postes de pesée et de mélange (farines). Ventilation générale des ateliers. Contrôle annuel des installations.

Priorité haute

Confinement des procédés

Encoffrement des machines émettrices de poussières (pétrin, ponceuse). Système de transfert clos pour les poudres.

Priorité moyenne

Protection individuelle

EPI adaptés au risque allergique

Gants nitrile (pas de latex), masque FFP2 pour les poussières, crèmes barrière pour les agents chimiques. Renouvellement fréquent des gants.

Priorité haute

Hygiène cutanée

Lavage des mains avec des savons doux (pas de solvants), séchage soigneux, application de crèmes réparatrices. Douche en fin de poste pour les expositions corporelles.

Priorité moyenne

Surveillance médicale

Suivi allergologique

Dépistage à l'embauche (antécédents atopiques), surveillance régulière (spirométrie, prick-tests). Déclaration rapide de toute sensibilisation détectée.

Priorité haute

Reclassement professionnel

En cas de sensibilisation confirmée, éviction totale de l'allergène (reclassement de poste). Le maintien de l'exposition aggrave irréversiblement la maladie.

Priorité haute

Rappel : La prévention suit une hiérarchie stricte (art. L.4121-2 du Code du travail) : suppression du risque → substitution → protection collective → protection individuelle → formation et information.

Comment intégrer le risque allergique dans votre DUERP ?

L'intégration du risque allergique dans le DUERP suit la démarche d'évaluation du risque chimique, avec une attention particulière aux substances sensibilisantes.

1

Inventorier les allergènes professionnels

1h

Recenser les produits contenant des allergènes connus : analyse des FDS (mentions H317, H334), des fiches INRS et de la littérature sur les allergènes du métier.

2

Identifier les postes exposés

30 min

Lister les postes manipulant des allergènes, les voies d'exposition (cutanée, respiratoire) et les conditions favorisant la sensibilisation (durée, fréquence, concentration).

3

Rechercher les substitutions possibles

30 min

Pour chaque allergène identifié, rechercher des alternatives moins sensibilisantes. Documenter les impossibilités techniques de substitution.

4

Évaluer les mesures de protection existantes

20 min

Vérifier le captage à la source, les EPI fournis, la formation des salariés et le suivi médical en place. Identifier les lacunes.

5

Planifier les actions correctives

20 min

Programmer les substitutions, les installations de captage, les formations et les campagnes de dépistage allergologique.

Notre plateforme automatise l'intégration de ce risque dans votre DUERP.

Réglementation applicable au risque allergique

Le risque allergique professionnel est couvert par la réglementation sur le risque chimique (agents sensibilisants) et par les tableaux de maladies professionnelles spécifiques.

Évaluation du risque chimique

Art. R.4412-5 à R.4412-10

Les agents sensibilisants (mentions de danger H317 et H334 du règlement CLP) doivent être identifiés et évalués dans le cadre de l'évaluation du risque chimique.

Asthme professionnel

Tableaux MP 66, 66bis

Rhinite et asthme professionnels provoqués par des agents spécifiques : farines, isocyanates, aldéhydes, persulfates, amines. Délai de prise en charge : 7 jours.

Dermatites de contact

Tableau MP 65

Lésions eczématiformes de mécanisme allergique provoquées par des agents chimiques spécifiques : ciment, résines, métaux, produits de coiffure.

Chrome VI dans le ciment

Directive 2003/53/CE

Teneur maximale en chrome VI soluble dans le ciment limitée à 2 ppm (parties par million) pour prévenir les dermatites allergiques au ciment.

Questions fréquentes

Pour aller plus loin

Risques associés et métiers concernés

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