DUERP BTP : risques, obligations et prévention
Le secteur du BTP est l'un des plus accidentogènes en France. Chutes de hauteur, risques électriques, machines dangereuses et exposition à l'amiante font du Document Unique un outil de prévention indispensable sur les chantiers. Un DUERP BTP complet protège vos équipes et vous met en conformité.
Tout savoir sur le DUERP en BTP
Vous dirigez une entreprise du BTP — maçonnerie, charpente, couverture, gros œuvre ou travaux publics ? Le DUERP est obligatoire dès le 1er salarié, avec des exigences sectorielles spécifiques (PPSPS, diagnostic amiante, coordination SPS). Le BTP emploie plus de 1,5 million de salariés dans 440 000 entreprises (95 % de TPE), exposés chaque jour à des risques multiples : chutes de hauteur, amiante, bruit, vibrations, agents chimiques — souvent combinés sur un même chantier.
Avec 88 000 accidents avec arrêt et 146 décès en 2024, c'est le secteur le plus accidentogène de France. Les chutes représentent 54 % des accidents mortels ; les TMS constituent 87 % des maladies professionnelles. Notre plateforme génère en quelques minutes un DUERP BTP complet, avec les risques pré-identifiés par poste, prêt pour l'inspection du travail, la CARSAT et le coordinateur SPS.
DUERP BTP — En bref
Vue d'ensemble des points clés de cette page
Le DUERP en BTP : une obligation légale depuis 2001
Le Document Unique est obligatoire pour tout employeur dès le premier salarié, conformément aux articles R4121-1 et suivants du Code du travail.
Document Unique obligatoire dès le 1er salarié
Toute entreprise du BTP doit élaborer et tenir à jour un DUERP dès l'embauche du premier salarié, sans aucun seuil d'effectif minimum.
Amende de 1 500 € (3 000 € en récidive) ; en cas d'accident grave ou mortel sans DUERP, le dirigeant engage sa responsabilité pénale pour faute inexcusable (jusqu'à 3 750 € d'amende et 1 an d'emprisonnement).
Mise à jour annuelle et après chaque modification
Les entreprises de 11 salariés et plus mettent à jour le DUERP au minimum une fois par an ; pour toutes, une mise à jour est obligatoire à chaque nouveau chantier, changement d'équipement ou accident grave.
Conservation obligatoire pendant 40 ans
La loi Santé au Travail du 2 août 2021 impose la conservation du DUERP et de toutes ses versions pendant 40 ans minimum, en raison des maladies professionnelles à longue latence comme les cancers liés à l'amiante.
Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé (PPSPS)
Tout entrepreneur sur un chantier soumis à coordination SPS doit rédiger un PPSPS avant le démarrage des travaux, détaillant les risques et mesures spécifiques au chantier, à transmettre au coordinateur SPS.
Consultation obligatoire du CSE et accessibilité
Le DUERP doit être présenté au CSE à partir de 11 salariés et rester accessible en permanence aux salariés, au médecin du travail, à l'inspection du travail, à la CARSAT et à l'OPPBTP.
Programme annuel de prévention (PAPRIPACT) pour les 50 salariés et plus
Les entreprises BTP de 50 salariés et plus doivent établir chaque année un PAPRIPACT issu du DUERP, fixant les actions prioritaires, responsables, budgets et délais de mise en œuvre.
Évolution de la réglementation
Décret n° 2001-1016 du 5 novembre 2001 : création de l'obligation du Document Unique d'évaluation des risques professionnels pour toutes les entreprises
Décret n° 2003-68 : renforcement des obligations de coordination SPS sur les chantiers BTP avec plusieurs entreprises intervenantes
Renforcement de la réglementation amiante : obligation de diagnostic amiante avant travaux (DAT) pour tous les bâtiments construits avant le 1er juillet 1997
Loi Santé au Travail du 2 août 2021 : conservation 40 ans, dépôt dématérialisé obligatoire, renforcement du rôle du CSE
Décret du 18 mars 2022 et déploiement progressif du portail numérique de dépôt du DUERP selon la taille de l'entreprise; intégration du risque chaleur (décret chaleur 2026)
Pour en savoir plus sur vos obligations, consultez notre guide complet sur l'obligation du DUERP.
Les 13 risques professionnels majeurs en BTP
Tableau interactif des risques évalués par gravité et fréquence d'exposition. Cliquez sur les en-têtes pour trier.
| Risque | Situations | Actions à mener | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Travaux de couverture et zinguerie, pose de charpentes, travaux sur échafaudages et montage/démontage, trémies et ouvertures en dalle | Très élevée4/4 | Quotidienne4/4 | Critique16/16 | Inspecter quotidiennement les protections collectives avant démarrage, former les compagnons au port du harnais, mettre en place un permis de travail en hauteur, vérifier les CACES nacelles et aptitudes médicales | |
| Découpe de béton, carrelage ou brique à la scie, ponçage de bois durs, malaxage de ciment en espace fermé | Très élevée4/4 | Quotidienne4/4 | Critique16/16 | Équiper scies et meuleuses d'aspiration intégrée (NF EN 12779), rendre le port des masques FFP2 obligatoire, effectuer des mesures d'empoussièrement pour vérifier la VLEP silice (0,1 mg/m³), organiser la surveillance médicale spécialisée | |
| Démolition de bâtiments anciens, perçage ou découpe de matériaux amiantés (dalles, flocages, calorifuges), rénovation sans diagnostic préalable | Très élevée4/4 | Fréquente3/4 | Critique12/16 | Exiger le rapport de repérage amiante avant toute intervention, vérifier les attestations SS4 de tous les intervenants, mettre en place un processus de retrait conforme, assurer la surveillance médicale renforcée | |
| Approvisionnement des étages sans monte-matériaux, pose de parpaings, mise en œuvre de dallages, terrassement manuel | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Systématiser les aides mécaniques (monte-matériaux, transpalettes), limiter les sacs de ciment à 25 kg maximum, planifier des rotations de postes pour réduire les temps d'exposition | |
| Travaux à proximité de réseaux électriques aériens ou enterrés, outillage électroportatif en milieu humide, installations provisoires de chantier | Très élevée4/4 | Fréquente3/4 | Critique12/16 | Systématiser les DICT avant tout terrassement, vérifier les habilitations de tous les intervenants, installer des tableaux NF C 18-510, instaurer un périmètre de sécurité autour des lignes aériennes | |
| Démolition au marteau-piqueur, sciage de béton et carrelage, cloueurs pneumatiques, travaux en espaces confinés amplifiant les réflexions sonores | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Mesurer les niveaux d'exposition journalière (L_EX,8h) par poste, rendre le port des EPI auditifs obligatoire, privilégier les matériels moins bruyants, organiser des rotations pour limiter la durée d'exposition | |
| Terrassement en zone de coactivité avec piétons, scies circulaires et meuleuses sans protection, levage à la grue en surplomb de zones occupées | Très élevée4/4 | Fréquente3/4 | Critique12/16 | Matérialiser physiquement les voies séparées piétons/engins, exiger les CACES valides, réaliser la vérification journalière des engins, nommer un signaleur lors des manœuvres à visibilité réduite | |
| Maçonnerie avec ciment frais, application de peintures et revêtements, décapage chimique, coulage de bitume en travaux routiers | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Constituer un registre des FDS accessible sur le chantier, évaluer les risques CMR selon R4412-60, substituer les produits dangereux quand c'est possible, organiser la surveillance médicale renforcée pour les exposés | |
| Déplacement sur chantier actif, zones de stockage désordonnées, escaliers provisoires défectueux, voies de circulation longeant des tranchées ouvertes | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Mettre en œuvre un plan d'installation de chantier rigoureux avec voies de circulation définies, ranger et nettoyer les zones de travail en fin de journée, installer des éclairages pour les circulations nocturnes, signaler toutes les dénivellations | |
| Conduite d'engins de terrassement sur sols irréguliers, utilisation prolongée de marteaux-piqueurs et dameuses, compactage manuel de tranchées | Élevée3/4 | Fréquente3/4 | Élevé9/16 | Mesurer les valeurs A(8) par poste exposé, alterner les postes vibrants, inspecter les amortisseurs de siège des engins, renouveler les engins aux niveaux de vibration excessifs | |
| Grands déplacements hebdomadaires, chantiers sous forte pression de délais et de coûts, artisans travaillant seuls, situations de sous-traitance avec hiérarchies complexes | Élevée3/4 | Fréquente3/4 | Élevé9/16 | Mettre en place un dispositif d'écoute psychologique, organiser des réunions d'équipe régulières sur les chantiers longs, former les chefs de chantier à la détection des signaux de détresse, adhérer aux dispositifs RPS de l'OPPBTP | |
| Soudage oxyacétylénique, stockage de bonbonnes de gaz, travaux de couverture avec torche à bitume, perçage de sol à proximité d'un réseau gaz | Très élevée4/4 | Occasionnelle2/4 | Élevé8/16 | Appliquer une procédure de permis de feu pour chaque intervention par points chauds, réaliser une DICT avant tout terrassement, stocker les produits inflammables dans un local ventilé dédié, former les compagnons à l'utilisation des extincteurs | |
| Tranchées de plus de 1,30 m de profondeur, descente dans des regards souterrains, caves ou sous-sols insuffisamment ventilés, opérations dans des cuves | Très élevée4/4 | Occasionnelle2/4 | Élevé8/16 | Mettre en place une procédure d'entrée en espace confiné (permis d'entrée), mesurer l'atmosphère avant et pendant l'intervention (O2, CO, H2S, LEL), assurer une ventilation artificielle continue, toujours travailler à deux |
Première cause de mortalité dans le BTP, les chutes depuis échafaudages, toitures et trémies représentent 54 % des accidents mortels liés à une chute en milieu professionnel.
Actions à mener
Inspecter quotidiennement les protections collectives avant démarrage, former les compagnons au port du harnais, mettre en place un permis de travail en hauteur, vérifier les CACES nacelles et aptitudes médicales
La silice cristalline libérée lors de la découpe du béton et de la brique est cancérogène avéré (groupe 1 CIRC) provoquant silicose et cancers bronchiques ; les poussières de bois durs causent des cancers des sinus.
Actions à mener
Équiper scies et meuleuses d'aspiration intégrée (NF EN 12779), rendre le port des masques FFP2 obligatoire, effectuer des mesures d'empoussièrement pour vérifier la VLEP silice (0,1 mg/m³), organiser la surveillance médicale spécialisée
Interdit depuis 1997 mais présent dans la majorité des bâtiments antérieurs, l'amiante est cancérogène avéré (groupe 1 CIRC) provoquant mésothéliome et cancer du poumon avec un délai de latence de 20 à 40 ans.
Actions à mener
Exiger le rapport de repérage amiante avant toute intervention, vérifier les attestations SS4 de tous les intervenants, mettre en place un processus de retrait conforme, assurer la surveillance médicale renforcée
Première cause d'accidents avec arrêt dans le BTP, les manutentions répétées génèrent lombalgies, hernies discales et TMS qui représentent 87 % des maladies professionnelles du secteur.
Actions à mener
Systématiser les aides mécaniques (monte-matériaux, transpalettes), limiter les sacs de ciment à 25 kg maximum, planifier des rotations de postes pour réduire les temps d'exposition
La cohabitation d'installations provisoires, de réseaux enterrés ou aériens et d'un environnement humide génère des risques d'électrocution et d'arc électrique, dont le contact avec une ligne haute tension lors d'une manœuvre de grue est le plus mortel.
Actions à mener
Systématiser les DICT avant tout terrassement, vérifier les habilitations de tous les intervenants, installer des tableaux NF C 18-510, instaurer un périmètre de sécurité autour des lignes aériennes
Les chantiers BTP génèrent des niveaux sonores parmi les plus élevés de l'économie (marteaux-piqueurs : 110-120 dB(A)) ; la surdité professionnelle est la seconde maladie professionnelle la plus reconnue dans le secteur.
Actions à mener
Mesurer les niveaux d'exposition journalière (L_EX,8h) par poste, rendre le port des EPI auditifs obligatoire, privilégier les matériels moins bruyants, organiser des rotations pour limiter la durée d'exposition
L'utilisation d'engins génère des accidents souvent graves (écrasement, happement, projections) ; les zones de coactivité piétons/engins constituent des points noirs sur tous les chantiers de génie civil.
Actions à mener
Matérialiser physiquement les voies séparées piétons/engins, exiger les CACES valides, réaliser la vérification journalière des engins, nommer un signaleur lors des manœuvres à visibilité réduite
Les chantiers exposent à de nombreux agents chimiques dangereux — ciment, solvants, résines époxy, bitume chaud — dont certains sont CMR (cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques).
Actions à mener
Constituer un registre des FDS accessible sur le chantier, évaluer les risques CMR selon R4412-60, substituer les produits dangereux quand c'est possible, organiser la surveillance médicale renforcée pour les exposés
Seconde cause d'accidents dans le BTP après la manutention, les chutes de plain-pied résultent de sols inégaux, tranchées mal balisées et surfaces glissantes pouvant entraîner entorses graves, fractures et traumatismes crâniens.
Actions à mener
Mettre en œuvre un plan d'installation de chantier rigoureux avec voies de circulation définies, ranger et nettoyer les zones de travail en fin de journée, installer des éclairages pour les circulations nocturnes, signaler toutes les dénivellations
Les conducteurs d'engins sont exposés aux vibrations corps entier (lombalgies, hernies discales) et les compagnons utilisant des outils vibrants aux vibrations main-bras (syndrome de Raynaud, neuropathies).
Actions à mener
Mesurer les valeurs A(8) par poste exposé, alterner les postes vibrants, inspecter les amortisseurs de siège des engins, renouveler les engins aux niveaux de vibration excessifs
Le BTP cumule des facteurs de RPS élevés — grands déplacements, pression des délais, travail isolé pour les artisans — et affiche un taux de mortalité par suicide supérieur à la moyenne des secteurs professionnels.
Actions à mener
Mettre en place un dispositif d'écoute psychologique, organiser des réunions d'équipe régulières sur les chantiers longs, former les chefs de chantier à la détection des signaux de détresse, adhérer aux dispositifs RPS de l'OPPBTP
Les chantiers stockent des produits inflammables et les travaux par points chauds sont à l'origine de nombreux incendies ; les réseaux gaz enterrés représentent un risque d'explosion lors des terrassements.
Actions à mener
Appliquer une procédure de permis de feu pour chaque intervention par points chauds, réaliser une DICT avant tout terrassement, stocker les produits inflammables dans un local ventilé dédié, former les compagnons à l'utilisation des extincteurs
Les travaux en espaces confinés (tranchées, regards, cuves, tunnels) exposent à l'asphyxie, à l'intoxication par des gaz (CO, H2S, méthane) et à l'ensevelissement — des accidents rares mais presque toujours mortels.
Actions à mener
Mettre en place une procédure d'entrée en espace confiné (permis d'entrée), mesurer l'atmosphère avant et pendant l'intervention (O2, CO, H2S, LEL), assurer une ventilation artificielle continue, toujours travailler à deux
Consultez notre liste complète des risques professionnels pour approfondir chaque catégorie de risque.
Comment rédiger un DUERP BTP en 5 étapes
Le DUERP BTP présente des spécificités importantes : risques changeants à chaque chantier, expositions multiples simultanées et réglementations sectorielles spécifiques (coordination SPS, PPSPS, diagnostic amiante). Voici comment structurer votre évaluation en 5 étapes.
Identifier les unités de travail du chantier
Distinguez les postes (chef de chantier, maçon, couvreur, conducteur d'engin) et cartographiez les zones à risques (stockage, circulation, levage, coactivité) — étape préalable indispensable à toute évaluation.
Recenser les risques par poste et par phase de travaux
Évaluez les risques pour chaque phase (terrassement, gros œuvre, second œuvre, finitions) en vous appuyant sur les retours des compagnons, les registres d'accidents et les FDS des produits chimiques.
Évaluer la gravité et la probabilité de chaque risque
Cotez chaque risque en tenant compte des mesures de prévention existantes et des risques de coactivité entre entreprises, afin de prioriser les actions correctives et justifier les investissements.
Définir le plan d'actions de prévention
Respectez la hiérarchie des 9 principes généraux de prévention (suppression, protections collectives, EPI en dernier recours) et affectez chaque action à un responsable avec délai.
Formaliser, diffuser et actualiser le DUERP
Rendez le DUERP accessible en base de vie, intégrez-le au plan d'installation, transmettez-le au coordinateur SPS, et mettez-le à jour à chaque nouveau chantier significatif ou après tout accident.
Notre logiciel automatise ces 5 étapes en posant les bonnes questions adaptées au secteur btp. Vous répondez, on génère votre DUERP conforme.
Besoin d'aide ? Lire notre guide de rédaction complet
Les unités de travail à évaluer dans votre BTP
Dans le BTP, les unités de travail correspondent aux postes et zones de chantier où les travailleurs sont exposés à des risques homogènes — une découpe essentielle car un même salarié peut occuper différentes unités selon les phases du chantier.
Chef de chantier / Conducteur de travaux
1-3 personnes
Exposé aux risques routiers entre chantiers et au stress lié aux délais (RPS), le chef de chantier partage ponctuellement les expositions physiques des compagnons lors des contrôles et inspections.
Maçon / Coffreur / Ferrailleur
2-8 personnes
Ces postes combinent manutention intensive, exposition aux poussières de ciment et de silice, risques chimiques (brûlures alcalines, dermatites) et parfois travail en hauteur.
Couvreur / Charpentier / Zingueur
2-6 personnes
Ces métiers travaillent par définition en hauteur sur des toitures en pente, avec exposition permanente aux chutes, aux intempéries et à la manutention de matériaux lourds (tuiles, ardoises).
Conducteur d'engins de chantier
1-4 personnes
Exposé aux vibrations corps entier, au bruit des moteurs et aux risques de collision avec les piétons en coactivité, ce poste génère aussi des pathologies lombaires et cervicales par la conduite prolongée.
Zone de stockage et d'approvisionnement
Variable
Ces zones concentrent des risques de chutes de plain-pied (sols encombrés), d'écrasement lors du déchargement mécanique et d'incendie — une organisation rigoureuse du plan de masse est indispensable.
Zone de démolition et désamiantage
2-10 personnes
Les travaux de démolition sur bâtiments anciens (avant 1997) cumulent les risques les plus graves du BTP : amiante, silice, risques structurels, bruit intense — un diagnostic amiante avant travaux est obligatoire.
Travaux électriques et plomberie
1-4 personnes
Électriciens et plombiers cumulent risques électriques, chutes de hauteur (faux-plafonds, combles), manutention lourde et risques chimiques (colles, solvants, soudures) en second œuvre.
Bureau et base de vie du chantier
Variable
La base de vie présente des risques souvent négligés : incendie (installations électriques provisoires), hygiène insuffisante et risques routiers lors des déplacements vers les zones de chantier.
Qu'est-ce qu'une unité de travail ?
Une unité de travail désigne un groupe de salariés exposés aux mêmes risques dans un même lieu ou une même situation de travail. Elle peut correspondre à un poste de travail, un atelier, un service ou un lieu géographique. L'identification des unités de travail est la première étape de l'évaluation des risques dans le DUERP.
Réglementation DUERP spécifique au secteur BTP
Le BTP est l'un des secteurs les plus encadrés en matière de sécurité au travail. Des textes spécifiques au bâtiment et aux travaux publics s'ajoutent aux obligations communes à toutes les entreprises.
Code du travail — Évaluation des risques
Articles R4121-1 à R4121-4 du Code du travailCes articles fondent l'obligation d'élaborer et de tenir à jour le DUERP, précisent les conditions de mise à jour, d'accès et de conservation pendant 40 ans pour toutes les entreprises BTP dès le premier salarié.
Consulter le texte officielCoordination SPS sur les chantiers
Articles R4532-1 à R4532-98 du Code du travailCes articles organisent la coordination SPS, définissent les catégories de chantiers concernés et les obligations de rédaction du PGC et du PPSPS — tout entrepreneur sur un chantier avec PPSPS doit rédiger son propre plan avant démarrage.
Consulter le texte officielRéglementation amiante dans le BTP
Décret n° 2012-639 du 4 mai 2012 — Articles R4412-94 à R4412-148 du Code du travailCe décret impose le Diagnostic Amiante avant Travaux pour les bâtiments construits avant 1997, la formation SS4 des opérateurs, la surveillance médicale renforcée et les EPI de niveau adapté.
Consulter le texte officielTravail en hauteur — protections contre les chutes
Articles R4323-58 à R4323-90 du Code du travailCes articles imposent la priorité aux protections collectives (garde-corps, filets) sur les EPI et précisent les conditions d'utilisation des échafaudages et des échelles (utilisation exceptionnelle uniquement).
Consulter le texte officielConvention collective nationale du BTP
CCN BTP — IDCC 1597 (ouvriers), 1596 (ETAM), 218 (cadres)Les CCN du BTP complètent le Code du travail avec des dispositions sectorielles spécifiques : primes de trajet et de panier, indemnités de grand déplacement, régime de prévoyance PRO BTP et fourniture gratuite des EPI.
Consulter le texte officielRéglementation bruit et vibrations au travail
Décret n° 2006-892 du 19 juillet 2006 — Articles R4431-1 à R4437-4 du Code du travailCe décret fixe la valeur limite d'exposition au bruit à 87 dB(A) et impose la réduction du bruit à la source avant tout recours aux EPI auditifs ; un décret symétrique (n° 2005-746) traite des vibrations mécaniques.
Consulter le texte officielOrganismes de référence
INRS
Institut National de Recherche et de Sécurité
CARSAT
Caisse d'Assurance Retraite et Santé au Travail
Médecine du travail
Service de santé au travail interentreprises
Inspection du travail
Direction régionale (DREETS)
Mesures de prévention incontournables en BTP
La prévention BTP s'articule autour de quatre axes conformes à la hiérarchie des 9 principes généraux de prévention : protections collectives en priorité, puis EPI, formation et organisation du travail.
Protections collectives prioritaires
4 mesures
Garde-corps et systèmes anti-chute collectifs
Priorité hauteLa pose de garde-corps périmétriques sur toutes les ouvertures et bords de dalle est la mesure prioritaire contre les chutes de hauteur, à mettre en place avant toute intervention.
Blindage et étaiement des tranchées
Priorité hautePour toute tranchée dépassant 1,30 m de profondeur, un blindage ou talutage est obligatoire avant toute descente de personnel (article R4534-124 du Code du travail).
Plan de circulation et séparation engins/piétons
Priorité hauteLe plan d'installation de chantier (PIC) doit définir des voies séparées et matérialisées pour engins et piétons, avec miroirs ou signaleurs aux croisements et vitesse limitée à 10 km/h.
Aspiration des poussières à la source
Priorité hauteL'aspiration intégrée sur les outils de découpe est la mesure la plus efficace contre les poussières de silice et de bois — plus efficace que le masque seul, qui ne doit intervenir qu'en complément.
Équipements de Protection Individuelle (EPI)
4 mesures
EPI de base obligatoires sur tous les chantiers
Priorité hauteCasque (EN 397), chaussures S3 (EN ISO 20345), gilet haute visibilité classe 2 (EN ISO 20471), lunettes et gants adaptés au poste — fournis gratuitement par l'employeur et dont le port doit être effectivement contrôlé.
EPI pour le travail en hauteur
Priorité hauteHarnais antichute complet (EN 361) avec longes à absorbeur d'énergie (EN 355) ou enrouleur-dérouleur (EN 360) — à vérifier avant chaque utilisation et à remplacer après tout choc ou chute.
EPI pour l'exposition aux poussières et produits chimiques
Priorité hauteMasques FFP2 minimum pour les poussières, FFP3 pour la silice en opérations très poussiéreuses, masques à cartouche A2P3 pour les solvants, gants nitrile pour le ciment frais — le choix doit être adapté à la FDS.
Protection auditive adaptée aux niveaux sonores
Priorité moyenneProtecteurs auditifs obligatoires dès 85 dB(A), avec un niveau résiduel cible entre 70 et 75 dB(A) — ni sous-protecteur, ni suratténuant (risque d'isolement du travailleur).
Formation et habilitations obligatoires
4 mesures
CACES par catégorie d'engin
Priorité hauteLe CACES est obligatoire pour la conduite des engins de chantier (R482), grues à tour (R487), grues mobiles (R483) et PEMP (R486) — sa validité doit être vérifiée avant toute affectation.
Formation amiante SS4 pour les opérateurs et encadrants
Priorité hauteTout salarié susceptible d'intervenir à proximité de matériaux amiantés doit détenir une attestation SS4 (5 jours, à renouveler tous les 3 ans) — son absence engage la responsabilité pénale du chef d'entreprise.
Habilitations électriques pour les interventions à risque électrique
Priorité hauteTout salarié intervenant à proximité d'installations électriques doit détenir une habilitation adaptée (B0, BR ou BC selon le niveau d'intervention), à renouveler régulièrement.
Quart d'heure sécurité et accueil chantier
RecommandéeLe quart d'heure sécurité en début de poste permet de faire le point sur les risques ; l'accueil sécurité de tout nouveau salarié ou sous-traitant avant sa première intervention est une obligation croissante.
Organisation et management de la sécurité
4 mesures
Plan d'installation de chantier (PIC) et préparation de chantier
Priorité hauteLa préparation en amont — zones de stockage, voies de circulation, bases de vie, alimentations provisoires — est une mesure fondamentale réduisant les risques liés au désordre et à l'improvisation.
Permis de travail pour les opérations à risque spécifique
Priorité hauteLes opérations dangereuses (points chauds, espaces confinés, proximité de réseaux actifs) doivent faire l'objet d'un permis de travail écrit signé par le chef de chantier et l'opérateur.
Gestion des co-activités et coordination inter-entreprises
Priorité moyenneLes réunions de coordination hebdomadaires et le phasage des travaux permettent de réduire les interférences dangereuses — en l'absence de coordinateur SPS, l'entreprise principale doit assurer cette coordination.
Surveillance médicale renforcée des salariés exposés
RecommandéeLes salariés exposés à des risques particuliers (amiante, silice, bruit > 85 dB(A), vibrations, CMR) doivent bénéficier d'une surveillance médicale renforcée avec examens spécifiques à intervalles rapprochés.
Rappel : hiérarchie de prévention (Code du travail)
- 1Supprimer le danger à la source (substitution de produits, suppression du poste dangereux)
- 2Réduire le risque par des moyens techniques (ventilation, revêtement antidérapant)
- 3Protéger les travailleurs par des EPI (gants, chaussures de sécurité)
- 4Former et informer les salariés (gestes et postures, sécurité incendie)
DUERP BTP : Word/Excel vs logiciel spécialisé
Comparer l'approche manuelle et l'utilisation d'un logiciel spécialisé pour votre DUERP BTP met en évidence des différences significatives en termes de conformité réglementaire, de temps investi et d'efficacité de la prévention.
Risques BTP pré-identifiés
Nécessite une expertise en prévention pour ne rien oublier — risque d'omissions majeures (amiante, silice, espaces confinés)
Word/Excel
Base de risques BTP complète et à jour, incluant tous les risques réglementaires spécifiques au secteur
Notre logiciel
Conformité réglementaire
Difficile à maintenir sans veille juridique permanente — risque de non-conformité en cas d'évolution réglementaire
Word/Excel
Mise à jour automatique selon les évolutions réglementaires (décret chaleur, nouvelles VLEP, modifications Code du travail)
Notre logiciel
Temps de réalisation
3 à 5 jours de travail pour un premier DUERP BTP complet, avec recours à un consultant ou une CARSAT
Word/Excel
2 à 4 heures en répondant aux questions guidées adaptées à votre activité BTP
Notre logiciel
Adaptabilité par chantier
Très chronophage : rédiger une évaluation spécifique pour chaque chantier est quasi-impossible pour une TPE
Word/Excel
Duplication et personnalisation rapide d'une évaluation de base par chantier, avec les risques spécifiques déjà pré-remplis
Notre logiciel
Format et accessibilité
Souvent sur tableur ou traitement de texte — difficile à partager avec les coordinateurs SPS et les compagnons sur le chantier
Word/Excel
PDF professionnel, téléchargeable et partageable instantanément avec les parties prenantes
Notre logiciel
Coût
Gratuit si fait en interne, mais coût caché en temps (plusieurs journées) ou coût élevé d'un prestataire externe (500 à 2 000 €)
Word/Excel
Abonnement mensuel accessible, rentabilisé dès le premier DUERP généré et en cas de contrôle évité
Notre logiciel
Questions fréquentes sur le DUERP en BTP
Retrouvez les réponses aux 10 questions les plus posées sur le Document Unique en btp.
D'autres questions ? Consultez notre FAQ complète sur le DUERP.
DUERP pour les métiers connexes
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