DUERP Centre d'imagerie médicale : risques, obligations et prévention
Le centre d'imagerie médicale expose les manipulateurs aux rayonnements ionisants, au stress des patients, à la manutention de patients et aux risques liés aux champs magnétiques de l'IRM.
Tout savoir sur le DUERP en Centre d'imagerie médicale
Les centres d'imagerie médicale — cabinets de radiologie, scanners, IRM, mammographie — concentrent des risques professionnels parmi les plus réglementés du secteur santé en France. Le secteur emploie environ 25 000 manipulateurs en électroradiologie (MERM) et 10 000 radiologues, avec un taux d'accidents du travail 30 à 40 % supérieur à la moyenne nationale. Le risque radiologique (rayons X, limites ASNR : 20 mSv/an), les champs magnétiques IRM (décret 2016-1074), les TMS et les risques psychosociaux liés à la responsabilité diagnostique définissent un cadre de prévention exigeant.
Tout centre d'imagerie employant au moins un salarié est soumis à l'obligation légale d'élaborer un DUERP, intégrant obligatoirement le volet radioprotection rédigé par la PCR. Notre plateforme génère en quelques minutes un DUERP conforme au Code du travail et aux textes radioprotection, avec les risques pré-identifiés par unité de travail : radiologie conventionnelle, scanner, IRM, mammographie, bloc interventionnel, secrétariat.
DUERP Centre d'imagerie médicale — En bref
Vue d'ensemble des points clés de cette page
Le DUERP en Centre d'imagerie médicale : une obligation légale depuis 2001
Le Document Unique est obligatoire pour tout employeur dès le premier salarié, conformément aux articles R4121-1 et suivants du Code du travail.
DUERP obligatoire dès le 1er salarié — cabinet libéral et service hospitalier
Tout centre d'imagerie employant au moins un salarié — MERM, secrétaire médical, agent d'entretien — doit élaborer un DUERP couvrant l'ensemble des risques spécifiques : rayonnements ionisants, champs électromagnétiques IRM, produits de contraste, risques biologiques, TMS et RPS, rédigé en concertation avec les salariés, la médecine du travail et la PCR désignée.
Amende de 1 500 € (3 000 € en récidive) ; en cas d'accident lié à une absence d'évaluation du risque radiologique, la responsabilité pénale de l'employeur peut être engagée pour faute inexcusable.
Désignation obligatoire d'une Personne Compétente en Radioprotection (PCR)
Pour toute activité utilisant des rayons X, l'employeur doit désigner au moins une PCR (niveau 2 pour les activités médicales) ou faire appel à un OCR certifié ; la PCR contribue à la rédaction du DUERP, définit les zones réglementées, assure le suivi dosimétrique et établit le bilan annuel.
L'absence de PCR est une infraction pénale aux règles de radioprotection, pouvant entraîner la suspension de l'autorisation d'exploitation par l'ASNR.
Suivi dosimétrique individuel obligatoire pour les travailleurs exposés
Tout MERM, radiologue ou technicien en zone réglementée doit faire l'objet d'une surveillance dosimétrique individuelle (dosimètre passif mensuel, dosimètre opérationnel pour les catégorie A), avec résultats centralisés dans SISERI et limite réglementaire fixée à 20 mSv sur 12 mois consécutifs.
Défaut de suivi dosimétrique : infraction de 4e classe (750 €) ; dépassement de limite sans mesure corrective : 5e classe (1 500 €), avec responsabilité pénale aggravée si maladie professionnelle radio-induite documentée.
Prévention des risques liés aux champs électromagnétiques IRM
Les centres disposant d'un IRM doivent évaluer l'exposition des travailleurs aux champs magnétiques statiques et radiofréquences, comparer les résultats aux valeurs limites du décret 2016-1074, mettre en place des zones d'accès réglementées et protéger les travailleurs à risque particulier (porteurs d'implants, femmes enceintes), le tout documenté dans le DUERP.
Absence d'évaluation des risques CEM : contravention de 5e classe (1 500 €) ; exposition d'un travailleur à risque particulier sans adaptation de poste engage la responsabilité civile et pénale de l'employeur.
Mise à jour annuelle du DUERP et conservation 40 ans
Pour tout centre de 11 salariés et plus, la mise à jour annuelle est obligatoire, ainsi qu'après tout événement déclencheur : installation d'un nouvel équipement, surexposition dosimétrique, incident déclaré à l'ASNR ou modification de l'organisation ; chaque version doit être conservée 40 ans conformément à la loi Santé au travail du 2 août 2021.
Absence de mise à jour annuelle : amende de 1 500 € ; absence de conservation compromet la traçabilité des expositions en cas de maladie professionnelle radio-induite, engageant la responsabilité de l'employeur.
Programme annuel de prévention (PAPRIPACT) et information des salariés
Les centres de 50 salariés et plus doivent établir un PAPRIPACT soumis à consultation du CSE ; pour tous les salariés, une formation à la radioprotection est obligatoire et doit être renouvelée tous les 3 ans, ainsi qu'une information complète sur les risques radiologiques, CEM IRM et biologiques à l'embauche et régulièrement.
Défaut de formation à la radioprotection : infraction pénale sanctionnée par l'ASNR ; délit d'entrave aux missions du CSE en l'absence de présentation du PAPRIPACT.
Évolution de la réglementation
Décret n° 94-338 du 2 mai 1994 et arrêtés sur la radioprotection : premières obligations codifiées de surveillance dosimétrique individuelle pour les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants dans les établissements de santé utilisant des rayons X
Décret n° 2001-1016 du 5 novembre 2001 : création de l'obligation légale du DUERP pour tous les employeurs, dont les cabinets de radiologie et centres d'imagerie. La PCR doit désormais contribuer formellement à la rédaction du volet radioprotection du DUERP
Arrêté du 6 décembre 2013 relatif à la formation des PCR et à la certification des organismes de formation : renforcement des exigences de qualification des personnes compétentes en radioprotection dans les centres d'imagerie médicale et dentaire
Décret n° 2016-1074 du 3 août 2016 transposant la directive UE 2013/35 sur les champs électromagnétiques : nouvelles obligations d'évaluation des risques IRM pour les centres disposant d'équipements d'imagerie par résonance magnétique, avec valeurs limites et niveaux d'action spécifiques pour les travailleurs
Loi Santé au travail du 2 août 2021 : conservation du DUERP pendant 40 ans, dépôt dématérialisé sur portail national, passeport prévention individuel. Particulièrement critique pour tracer les expositions aux rayonnements ionisants, dont les effets carcinogènes peuvent se manifester plusieurs décennies après l'exposition
Fusion de l'ASN et de l'IRSN au sein de la nouvelle Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR) au 1er janvier 2024. Publication des nouvelles dispositions réglementaires de radioprotection applicables en radiologie médicale et dentaire (édition 2024). Renforcement des inspections dans les centres d'imagerie libéraux
Pour en savoir plus sur vos obligations, consultez notre guide complet sur l'obligation du DUERP.
Les 9 risques professionnels majeurs en Centre d'imagerie médicale
Tableau interactif des risques évalués par gravité et fréquence d'exposition. Cliquez sur les en-têtes pour trier.
| Risque | Situations | Actions à mener | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Assistance aux clichés de patients non coopérants en radiologie conventionnelle, présence lors d'actes interventionnels sous fluoroscopie prolongée, positionnement répété des patientes en mammographie et exposition cumulative lors d'actes chirurgicaux avec amplificateur de brillance. | Très élevée4/4 | Quotidienne4/4 | Critique16/16 | Désigner formellement une PCR avec lettre de mission, mettre en place le suivi dosimétrique double (passif + opérationnel), consulter SISERI mensuellement, former tous les travailleurs exposés aux principes ALARA tous les 3 ans et vérifier annuellement l'état des tabliers plombés. | |
| Brancardage de patients avec objets métalliques oubliés, personnel d'entretien non formé entrant en salle avec matériel métallique, MERM enceinte non déclarée exposée lors d'examens répétés et technicien de maintenance accédant à la salle sans formation spécifique. | Très élevée4/4 | Fréquente3/4 | Critique12/16 | Établir une procédure écrite de sécurité IRM avec zones 1 à 4 délimitées, former obligatoirement tout le personnel entrant en zone 3/4, mener un entretien préalable avec tout travailleur porteur d'implant et documenter l'évaluation CEM dans le DUERP conformément au décret 2016-1074. | |
| Transferts lit-table de patients âgés ou obèses pour scanner et IRM d'urgence, positionnement répété en mammographie (30 à 60 fois/jour), brancardage entre services et aide au positionnement orthopédique en radiologie conventionnelle. | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Acquérir planches et draps de glisse pour les transferts, former les MERM à la manutention spécifique en imagerie, évaluer les postes à risque avec l'outil TMS Pros CARSAT et organiser deux MERM systématiquement lors des transferts de patients lourds. | |
| Défilement intensif de scanners corps entier avec des milliers de coupes, lecture de mammographies numériques en posture cervicale en flexion, téléradiologie avec postes multi-écrans non ergonomiques et saisie intensive des comptes rendus par les secrétaires médicales. | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Faire réaliser une évaluation ergonomique des postes d'interprétation, équiper les radiologues avec plus de 4 heures/jour d'une souris verticale ou trackball, appliquer la règle 20-20-20 et programmer des pauses de 10 minutes par heure de lecture intensive. | |
| Gardes de nuit en urgence seul avec responsabilité diagnostique exclusive, interprétation de scanners oncologiques complexes sous contrainte de délai, gestion des urgences vitales (AVC, embolie, trauma) et annonce indirecte de diagnostics graves lors de la remise de résultats. | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Réaliser un diagnostic RPS participatif (questionnaire Gollac), organiser les gardes en respectant 11 heures de repos consécutives, mettre en place des réunions de morbidité-mortalité bienveillantes et rendre accessible un soutien psychologique pour les situations de diagnostics difficiles. | |
| Préparation des injecteurs sous pression et gestion des extravasations de produit de contraste iodé, désinfection de sondes endocavitaires avec bain de désinfectant de haut niveau et nettoyage des injecteurs automatiques avec résidus iodés. | Élevée3/4 | Fréquente3/4 | Élevé9/16 | Inventorier tous les produits chimiques avec FDS à jour, assurer le port de gants nitrile, lunettes et masque FFP2 lors des désinfections de sondes, rédiger une procédure de gestion des extravasations et évaluer la substitution du glutaraldéhyde par des systèmes automatisés fermés. | |
Exposition au bruit intense de l'IRM — risque auditif pour les MERM | Présence en salle pour surveiller un enfant sédaté ou un patient non coopérant pendant l'acquisition, injection de gadolinium en mode dynamique et réglage du patient lors du démarrage des séquences bruyantes. | Élevée3/4 | Fréquente3/4 | Élevé9/16 | Faire mesurer le bruit en salle IRM par un organisme agréé, fournir et rendre obligatoires des protections auditives pour tout le personnel entrant pendant l'acquisition, réaliser un audiogramme de référence à l'embauche et assurer une surveillance audiométrique périodique. |
| Biopsies guidées sous scanner avec aiguilles de gros calibre, gestion de cathéters et guides intravasculaires en radiologie interventionnelle, pose de cathéters veineux par les MERM pour injection de produit de contraste et transport de patients infectés pour imagerie d'urgence. | Très élevée4/4 | Occasionnelle2/4 | Élevé8/16 | Généraliser les aiguilles à sécurité passive pour les biopsies et poses de cathéters, afficher le protocole AES avec accès garanti à la PPE dans les 4 heures, former annuellement tout le personnel interventionnel et vérifier que la vaccination hépatite B est à jour. | |
Chutes de plain-pied — câbles, sols mouillés, encombrement des salles d'examens | Déplacement rapide en salle de scanner lors d'une urgence patient avec câbles au sol, sol mouillé après installation d'un patient incontinent sur la table d'IRM et espace réduit autour du mammographe avec câbles de compression. | Moyenne2/4 | Fréquente3/4 | Moyen6/16 | Installer des chemins de câbles surélevés ou fixations au sol avec gaines protectrices, maintenir un espace de circulation dégagé d'au moins 90 cm autour de tous les équipements, assurer l'éclairage de sécurité dans les couloirs et réaliser un audit annuel des risques de chute. |
L'exposition professionnelle aux rayons X constitue le risque spécifique emblématique des centres d'imagerie, avec un risque statistique de cancers radio-induits (leucémies, thyroïde, sein) lié au cumul des doses sur 30 à 40 ans de carrière, les postes les plus exposés étant la fluoroscopie peropératoire, la neuroradiologie interventionnelle et la radiologie vasculaire.
Actions à mener
Désigner formellement une PCR avec lettre de mission, mettre en place le suivi dosimétrique double (passif + opérationnel), consulter SISERI mensuellement, former tous les travailleurs exposés aux principes ALARA tous les 3 ans et vérifier annuellement l'état des tabliers plombés.
L'IRM génère trois types de champs dangereux pour le personnel : champ magnétique statique (effet projectile mortel pour tout objet ferromagnétique), gradients variables (stimulation nerveuse) et champs radiofréquences (échauffement), avec un risque particulier pour les porteurs d'implants et les femmes enceintes.
Actions à mener
Établir une procédure écrite de sécurité IRM avec zones 1 à 4 délimitées, former obligatoirement tout le personnel entrant en zone 3/4, mener un entretien préalable avec tout travailleur porteur d'implant et documenter l'évaluation CEM dans le DUERP conformément au décret 2016-1074.
Les MERM subissent des contraintes physiques importantes lors des transferts de patients sur tables à hauteur fixe (scanner, IRM), des positionnements précis répétés et de la compression en mammographie en hyperextension des bras et du rachis, avec plus de 60 % des MERM déclarant des lombalgies au cours de leur carrière.
Actions à mener
Acquérir planches et draps de glisse pour les transferts, former les MERM à la manutention spécifique en imagerie, évaluer les postes à risque avec l'outil TMS Pros CARSAT et organiser deux MERM systématiquement lors des transferts de patients lourds.
La lecture intensive de milliers de coupes scanner ou IRM par jour en ambiance faiblement éclairée génère fatigue visuelle sévère, cervicalgies et TMS des membres supérieurs liés au défilement intensif, avec 35 à 45 % des radiologues déclarant des douleurs cervicales ou des membres supérieurs liées à l'interprétation.
Actions à mener
Faire réaliser une évaluation ergonomique des postes d'interprétation, équiper les radiologues avec plus de 4 heures/jour d'une souris verticale ou trackball, appliquer la règle 20-20-20 et programmer des pauses de 10 minutes par heure de lecture intensive.
Les RPS en imagerie combinent une charge croissante (10 000 à 15 000 examens interprétés/an/radiologue), une responsabilité diagnostique élevée (faux négatif sur cancer, embolie), le travail de garde en urgence 24h/24 et la pression démographique liée au déficit estimé de 1 000 à 1 500 radiologues en France.
Actions à mener
Réaliser un diagnostic RPS participatif (questionnaire Gollac), organiser les gardes en respectant 11 heures de repos consécutives, mettre en place des réunions de morbidité-mortalité bienveillantes et rendre accessible un soutien psychologique pour les situations de diagnostics difficiles.
La manipulation quotidienne de produits de contraste iodés sous haute pression (scanner), de gadolinium (IRM), de baryum et de désinfectants de sondes (glutaraldéhyde, acide peracétique) expose le personnel aux risques de projection, de réaction allergique et d'irritation cutanéo-muqueuse et respiratoire.
Actions à mener
Inventorier tous les produits chimiques avec FDS à jour, assurer le port de gants nitrile, lunettes et masque FFP2 lors des désinfections de sondes, rédiger une procédure de gestion des extravasations et évaluer la substitution du glutaraldéhyde par des systèmes automatisés fermés.
L'IRM génère des niveaux sonores de 65 à 95 dB(A) en fonctionnement, avec des pics jusqu'à 120 dB sur certaines séquences rapides (EPI, diffusion), exposant les MERM présents en salle à des niveaux dépassant les valeurs d'action réglementaires sur une seule heure de présence non protégée.
Actions à mener
Faire mesurer le bruit en salle IRM par un organisme agréé, fournir et rendre obligatoires des protections auditives pour tout le personnel entrant pendant l'acquisition, réaliser un audiogramme de référence à l'embauche et assurer une surveillance audiométrique périodique.
La radiologie interventionnelle expose les MERM et radiologues aux mêmes risques d'AES que les blocs opératoires (biopsies, cathéters, injections sous pression), avec environ 15 % des accidents du travail en imagerie correspondant à des AES selon la Société Française de Radiologie.
Actions à mener
Généraliser les aiguilles à sécurité passive pour les biopsies et poses de cathéters, afficher le protocole AES avec accès garanti à la PPE dans les 4 heures, former annuellement tout le personnel interventionnel et vérifier que la vaccination hépatite B est à jour.
La densité d'équipements électroniques génère une prolifération de câbles au sol, les sols peuvent être mouillés lors des soins, et les espaces réduits entre les équipements augmentent le risque de chute, particulièrement lors des gardes de nuit avec éclairage réduit et fatigue.
Actions à mener
Installer des chemins de câbles surélevés ou fixations au sol avec gaines protectrices, maintenir un espace de circulation dégagé d'au moins 90 cm autour de tous les équipements, assurer l'éclairage de sécurité dans les couloirs et réaliser un audit annuel des risques de chute.
Consultez notre liste complète des risques professionnels pour approfondir chaque catégorie de risque.
Comment rédiger un DUERP Centre d'imagerie médicale en 5 étapes
Notre plateforme structure la génération du DUERP centre d'imagerie en étapes guidées, adaptées à la spécificité des risques radiologiques et électromagnétiques de chaque équipement.
Identifier les unités de travail et les équipements
Listez chaque salle (radiologie, scanner, IRM, mammographie, interventionnelle, secrétariat), identifiez les équipements, les niveaux de classification zonale et les catégories de travailleurs exposés par unité.
Collecter les données dosimétriques et réglementaires existantes
Rassemblez les rapports SISERI des 3 dernières années, le bilan PCR annuel, les rapports d'inspection ASNR, les résultats des mesures CEM IRM et les FDS des produits de contraste et désinfectants utilisés.
Évaluer chaque risque avec la cotation gravité × probabilité
Pour chaque unité et chaque risque (rayonnements, CEM, TMS, biologique, chimique, RPS, bruit, chute), cotez la gravité (1 à 4) et la fréquence (1 à 4) en impliquant les MERM, radiologues et la PCR.
Définir le plan d'actions de prévention hiérarchisé
Classez les risques par priorité et déclinez les actions ALARA pour le volet radiologique ; pour les autres risques, définissez des actions concrètes avec responsable désigné, budget et délai, intégrés au DUERP.
Présenter le DUERP aux salariés et au CSE
Présentez le DUERP finalisé à l'ensemble du personnel, soumettez-le à consultation du CSE le cas échéant et conservez une preuve de consultation (PV, émargement) pour les inspections ASNR ou de l'inspection du travail.
Notre logiciel automatise ces 5 étapes en posant les bonnes questions adaptées au secteur centre d'imagerie médicale. Vous répondez, on génère votre DUERP conforme.
Besoin d'aide ? Lire notre guide de rédaction complet
Les unités de travail à évaluer dans votre Centre d'imagerie médicale
Un centre d'imagerie médicale polyvalent comprend plusieurs unités de travail aux risques bien distincts à identifier dans le DUERP.
Salle de radiologie conventionnelle et fluoroscopie
2 à 3 MERM + 1 radiologue
Examens radiographiques standards (thorax, os, abdomen) et fluoroscopie digestive/urologique avec amplificateur de brillance ; unité à risque radiologique permanent avec source de rayons X en fonctionnement quotidien.
Salle de scanner (tomodensitométrie)
2 à 4 MERM + 1 radiologue
Scanner 16 à 128 barrettes pour l'imagerie corps entier avec gestion des injections de produit de contraste iodé sous haute pression par injecteur automatique.
Salle IRM
2 à 3 MERM spécialisés IRM + 1 radiologue
IRM 1,5 T ou 3 T sans rayonnements ionisants mais avec champ magnétique statique intense (effet projectile), gradients variables et environnement sonore très bruyant lors des séquences d'acquisition.
Salle de mammographie et ostéodensitométrie
1 à 2 MERM + 1 radiologue
Mammographie numérique de dépistage et diagnostic, tomosynthèse et ostéodensitométrie DXA avec installation répétitive des patientes en postures contraignantes pour le MERM.
Bloc d'imagerie interventionnelle
2 à 3 MERM + 1 à 2 radiologues interventionnels + infirmier
Artériographies, embolisations, biopsies guidées, vertébroplasties et drainages en environnement semi-stérile avec les niveaux d'exposition radiologique les plus élevés du centre (fluoroscopie prolongée).
Secrétariat médical et accueil
2 à 6 secrétaires médicales
Accueil des patients, gestion des rendez-vous et saisie des comptes rendus sur écran avec contact fréquent avec des patients anxieux ; poste essentiellement sédentaire à risque TMS et RPS.
Qu'est-ce qu'une unité de travail ?
Une unité de travail désigne un groupe de salariés exposés aux mêmes risques dans un même lieu ou une même situation de travail. Elle peut correspondre à un poste de travail, un atelier, un service ou un lieu géographique. L'identification des unités de travail est la première étape de l'évaluation des risques dans le DUERP.
Réglementation DUERP spécifique au secteur Centre d'imagerie médicale
Les centres d'imagerie sont soumis à un cadre réglementaire dense combinant le Code du travail, le Code de la santé publique et les textes spécifiques à la radioprotection et aux champs électromagnétiques.
Code du travail — Obligation générale du DUERP
Articles R4121-1 à R4121-4Obligation d'élaboration et de mise à jour du DUERP pour tout employeur dès le premier salarié : contenu minimal (inventaire des risques, cotation, plan de prévention), mise à jour annuelle, conservation 40 ans depuis la loi du 2 août 2021 et dépôt dématérialisé obligatoire.
Consulter le texte officielCode du travail — Rayonnements ionisants et radioprotection
Articles R4451-1 à R4451-144Obligations complètes de radioprotection des travailleurs : évaluation des risques, classement des travailleurs (catégorie A et B), zones réglementées, suivi dosimétrique, désignation PCR, formation obligatoire et limites de dose (20 mSv/an), intégrés dans le volet radioprotection du DUERP.
Consulter le texte officielDécret n° 2016-1074 — Protection contre les champs électromagnétiques
Articles R4453-1 à R4453-15 du Code du travailTransposition de la directive 2013/35/UE sur les CEM : obligatoire pour les centres IRM, impose l'évaluation des risques, la comparaison aux valeurs limites d'exposition et niveaux d'action, les zones d'accès et la protection des travailleurs à risque particulier.
Consulter le texte officielCode de la santé publique — Radioprotection des patients et des travailleurs
Articles L1333-1 et suivants du CSPCadre légal de protection contre les rayonnements ionisants dans le domaine médical : principes de justification, d'optimisation ALARA et de limitation de dose, sous le contrôle de l'ASNR.
Consulter le texte officielLoi Santé au Travail n° 2021-1018 du 2 août 2021
Article L4121-3 du Code du travail modifiéConservation du DUERP pendant 40 ans et dépôt dématérialisé sur portail national, création du passeport de prévention individuel et renforcement des SPST — particulièrement critique pour tracer les expositions radiologiques sur l'ensemble de la carrière des MERM.
Consulter le texte officielGuide ASNR — Dispositions réglementaires de radioprotection en radiologie médicale (édition 2024)
Publication ASNR — janvier 2024Guide de référence de l'ASNR synthétisant toutes les dispositions réglementaires applicables en radiologie médicale : classement des zones, dosimétrie, PCR, règles d'organisation — référence incontournable pour la rédaction du volet radioprotection du DUERP.
Consulter le texte officielOrganismes de référence
INRS
Institut National de Recherche et de Sécurité
CARSAT
Caisse d'Assurance Retraite et Santé au Travail
Médecine du travail
Service de santé au travail interentreprises
Inspection du travail
Direction régionale (DREETS)
Mesures de prévention incontournables en Centre d'imagerie médicale
La prévention dans un centre d'imagerie s'organise autour de quatre axes : radioprotection et gestion des CEM, prévention des TMS, protection biologique et chimique, et prévention des RPS.
Radioprotection et gestion des champs électromagnétiques IRM
4 mesures
PCR désignée et programme de radioprotection structuré
Priorité hauteDésigner une PCR formée (niveau 2) ou faire appel à un OCR certifié avec temps dédié pour ses missions ; le programme de radioprotection, intégré au DUERP et mis à jour annuellement, couvre le bilan annuel, la formation du personnel et le contrôle des équipements.
Suivi dosimétrique rigoureux et consultation mensuelle des résultats SISERI
Priorité hauteMettre en place le suivi dosimétrique double (passif mensuel + opérationnel pour catégorie A), consulter SISERI mensuellement et alerter le médecin du travail dès qu'une dose dépasse la moitié de la limite annuelle.
Évaluation des risques CEM et procédure de sécurité IRM
Priorité hauteRéaliser une évaluation CEM conforme au décret 2016 avec mesures des champs sur les postes autour de l'IRM, établir une procédure écrite de sécurité IRM avec zones définies et former tout le personnel entrant en zone contrôlée.
Formation ALARA et gestion des incidents radiologiques
Priorité moyenneFormer tous les travailleurs exposés aux principes ALARA et mettre en place une procédure de déclaration et d'analyse des incidents radiologiques à l'ASNR dans les délais réglementaires.
Prévention des TMS et amélioration de l'ergonomie
4 mesures
Équipements d'aide à la manutention des patients
Priorité hauteAcquérir planches et draps de glisse pour les transferts scanner et IRM, former les MERM à la manutention spécifique en imagerie et organiser systématiquement deux MERM pour les transferts de patients lourds.
Optimisation ergonomique des postes d'interprétation
Priorité hauteFaire réaliser une évaluation ergonomique par un ergonome ou le médecin du travail, équiper les radiologues effectuant plus de 4 heures d'interprétation/jour d'une souris verticale et programmer des pauses de 10 minutes par heure.
Rotation des postes et limitation des expositions répétitives en mammographie
Priorité moyenneOrganiser la rotation entre les postes pour limiter les expositions cumulées, limiter le travail consécutif en mammographie à 3 heures maximum et mettre à disposition un marchepied réglable.
Pauses actives et sensibilisation aux gestes et postures
RecommandéeIntégrer des pauses actives de 5 minutes toutes les 2 heures au planning et sensibiliser le personnel aux signaux d'alerte TMS lors de la visite médicale annuelle.
Protection biologique, chimique et gestion des AES
3 mesures
Prévention des AES en radiologie interventionnelle
Priorité hauteDéployer des aiguilles à sécurité passive pour toutes les biopsies et poses de cathéters, former au double gantage, afficher le protocole AES avec accès garanti à la PPE dans les 4 heures et vérifier la vaccination hépatite B de tout le personnel interventionnel.
Gestion sécurisée des produits de contraste et désinfectants
Priorité moyenneInventorier tous les produits chimiques avec FDS à jour, assurer le port d'EPI complets lors des désinfections de sondes et évaluer la substitution du glutaraldéhyde par des systèmes automatisés fermés.
Hygiène des mains et précautions standard universelles
Priorité hauteDispenser des solutions hydroalcooliques à tous les postes et former l'ensemble du personnel (MERM, secrétaires, agents d'entretien) aux précautions standard d'hygiène et à l'utilisation des EPI appropriés.
Prévention des risques psychosociaux et qualité de vie au travail
3 mesures
Organisation des gardes et astreintes dans le respect des temps de repos
Priorité hautePlanifier les gardes en garantissant 11 heures de repos consécutives entre deux périodes de travail, limiter les gardes consécutives et compenser financièrement et en récupération les astreintes de nuit.
Soutien psychologique pour les erreurs diagnostiques et situations difficiles
Priorité moyenneMettre en place des réunions de morbidité-mortalité bienveillantes pour aborder les erreurs diagnostiques sans culpabilisation et désigner un référent psychologique accessible pour les situations de diagnostics graves.
Formation à la gestion des patients anxieux et des conflits
RecommandéeFormer secrétaires et MERM à la gestion des patients difficiles (claustrophobes, angoissés), sécuriser l'espace d'accueil et établir une procédure d'escalade en cas de conflit.
Rappel : hiérarchie de prévention (Code du travail)
- 1Supprimer le danger à la source (substitution de produits, suppression du poste dangereux)
- 2Réduire le risque par des moyens techniques (ventilation, revêtement antidérapant)
- 3Protéger les travailleurs par des EPI (gants, chaussures de sécurité)
- 4Former et informer les salariés (gestes et postures, sécurité incendie)
DUERP Centre d'imagerie médicale : Word/Excel vs logiciel spécialisé
Comparez les deux approches pour réaliser le DUERP de votre centre d'imagerie médicale : en manuel ou avec notre plateforme dédiée.
Intégration du volet radioprotection PCR
Nécessite une coordination manuelle complexe entre la PCR, le médecin du travail et le rédacteur du DUERP, avec risque d'incohérence et de doublon
Word/Excel
Le module radioprotection est préintégré au DUERP : les risques rayonnements et CEM sont directement liés aux résultats dosimétriques et au bilan PCR
Notre logiciel
Mise à jour après événement ASNR ou changement d'équipement
Mise à jour fastidieuse sur tableur, risque d'oubli de sections lors de l'installation d'un nouveau scanner ou IRM
Word/Excel
Alertes automatiques lors des échéances de mise à jour, prise en charge guidée des événements déclencheurs (nouveau matériel, incident radiologique)
Notre logiciel
Conservation 40 ans des versions
Archivage manuel des versions successives en papier ou sur serveur local, sans garantie de durabilité ni d'accessibilité à long terme
Word/Excel
Conservation automatique et horodatée de chaque version pendant 40 ans sur serveur sécurisé, conformément à la loi de 2021
Notre logiciel
Couverture des risques spécifiques à l'imagerie
Risques spécifiques (IRM, fluoroscopie, produits de contraste, bruit IRM) souvent méconnus ou sous-évalués par les rédacteurs non spécialisés
Word/Excel
Base de risques sectoriels préchargée pour les centres d'imagerie : rayonnements, CEM, TMS, biologique, chimique, bruit IRM — adaptée à chaque type d'équipement
Notre logiciel
Présentation au CSE et à l'ASNR
Mise en forme manuelle du document avant présentation, risque d'erreurs de forme pouvant nuire à la crédibilité du DUERP en inspection
Word/Excel
Export PDF structuré et professionnel en un clic, prêt pour présentation au CSE, à la médecine du travail ou en inspection ASNR
Notre logiciel
Temps de rédaction initial
12 à 20 heures pour un DUERP complet incluant le volet radioprotection, la partie CEM IRM et le plan d'actions
Word/Excel
2 à 4 heures grâce aux risques préchargés, au guide pas à pas et aux modèles d'actions de prévention proposés
Notre logiciel
Questions fréquentes sur le DUERP en Centre d'imagerie médicale
Retrouvez les réponses aux 10 questions les plus posées sur le Document Unique en centre d'imagerie médicale.
D'autres questions ? Consultez notre FAQ complète sur le DUERP.
DUERP pour les métiers connexes
Explorez les Documents Uniques adaptés aux métiers proches du vôtre et les risques professionnels associés.