Tout savoir sur le DUERP en Carreleur
Vous dirigez une entreprise de carrelage (pose de carreaux céramiques, grès cérame, pierre naturelle, mosaïque) ? Le DUERP est une obligation légale dès le premier salarié, avec des exigences spécifiques liées aux risques graves de votre métier. Le secteur emploie environ 65 000 salariés dans plus de 28 000 entreprises, dont la grande majorité sont des TPE. Les risques du carreleur sont souvent sous-estimés : silice cristalline lors de la découpe (cancérogène CIRC groupe 1), TMS liés au travail à genoux, dermatoses au ciment et aux colles.
Selon l'OPPBTP et la CNAM, les TMS représentent la première cause de maladies professionnelles chez les carreleurs (ménisque MP 79, épaule/genou MP 57, silicose MP 25). La découpe à sec génère des concentrations de silice largement supérieures à la VLEP de 0,1 mg/m³. Notre plateforme vous permet de générer un DUERP carreleur complet et conforme en quelques minutes, avec les risques spécifiques à chaque poste pré-identifiés.
DUERP Carreleur — En bref
Vue d'ensemble des points clés de cette page
Le DUERP en Carreleur : une obligation légale depuis 2001
Le Document Unique est obligatoire pour tout employeur dès le premier salarié, conformément aux articles R4121-1 et suivants du Code du travail.
Document Unique obligatoire dès le 1er salarié
Toute entreprise de carrelage est légalement tenue d'élaborer et de tenir à jour un DUERP dès l'embauche du premier salarié, sans aucun seuil minimum d'effectif. Le document doit recenser l'ensemble des risques et proposer un plan d'actions de prévention adapté aux activités spécifiques de l'entreprise.
Amende de 1 500 € (contravention de 5e classe), portée à 3 000 € en cas de récidive ; en cas d'accident grave sans DUERP, responsabilité pénale pouvant aller jusqu'à 75 000 € d'amende et 5 ans d'emprisonnement.
Mise à jour annuelle et après chaque modification significative
Les entreprises de 11 salariés et plus doivent mettre à jour leur DUERP au minimum une fois par an ; pour toutes les entreprises, une mise à jour est obligatoire dès qu'une modification significative intervient (nouveau chantier à risques, changement de produits, acquisition de machines, accident du travail).
L'absence de mise à jour constitue un manquement à l'obligation de sécurité ; en cas de contrôle, l'inspecteur du travail peut dresser un procès-verbal et mettre l'employeur en demeure.
Conservation obligatoire pendant 40 ans
La loi Santé au Travail du 2 août 2021 impose la conservation du DUERP et de toutes ses versions pendant 40 ans, durée liée aux maladies à longue latence des carreleurs (silicose, cancers liés à la silice ou à l'amiante, surdités professionnelles).
L'absence de conservation rend impossible la défense en cas de maladie professionnelle à longue latence et aggrave la présomption de faute inexcusable.
Évaluation et gestion de l'exposition aux poussières de silice cristalline
La silice cristalline alvéolaire est cancérogène avéré (CIRC groupe 1), soumise à la réglementation CMR avec une VLEP contraignante de 0,1 mg/m³. L'employeur doit évaluer l'exposition lors des découpes et meulages, appliquer la démarche de substitution à la source, tenir des fiches d'exposition individuelles et organiser la surveillance médicale renforcée.
Non-respect de la VLEP : mise en demeure de l'inspection du travail et obligation de mesures correctives immédiates ; indemnisation majorée des salariés atteints de silicose en cas de faute inexcusable.
Obligations liées à la prévention des TMS et à la pénibilité
L'employeur doit évaluer les facteurs de risques de pénibilité (postures contraignantes, manutentions lourdes, outils vibrants) et déclarer les salariés exposés au compte professionnel de prévention (C2P) selon les seuils réglementaires.
Non-déclaration des expositions : cotisation majorée, risque de redressement URSSAF et responsabilité en cas de maladie professionnelle liée aux TMS.
Consultation du CSE et accessibilité du DUERP aux salariés
Le DUERP doit être présenté au CSE dès 11 salariés ou, en dessous de ce seuil, partagé directement avec les travailleurs ; il doit rester accessible en permanence aux salariés, au médecin du travail, à l'inspection du travail, à la CARSAT et à l'OPPBTP.
Défaut de consultation du CSE : délit d'entrave passible d'une amende de 7 500 € et d'un an d'emprisonnement ; inaccessibilité du document : contravention de 5e classe.
Évolution de la réglementation
Décret n° 2001-1016 du 5 novembre 2001 : création de l'obligation du Document Unique d'évaluation des risques professionnels pour toutes les entreprises, y compris les entreprises de carrelage artisanales dès le premier salarié
Arrêté du 14 mai 2007 : fixation de la VLEP pour la silice cristalline alvéolaire (quartz) à 0,1 mg/m³ — obligation de mesures d'empoussièrement et de mise en place de protections lors des opérations de découpe de carreaux et de matériaux siliceux
Décret n° 2014-1159 du 9 octobre 2014 : mise en place du compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P), obligeant les employeurs de carrelage à évaluer et déclarer les expositions aux facteurs de pénibilité (postures, manutentions, vibrations, bruit)
Loi Santé au Travail du 2 août 2021 (loi n° 2021-1018) : conservation obligatoire du DUERP pendant 40 ans, dépôt dématérialisé progressif sur le portail national, renforcement du rôle du CSE dans la prévention des risques
Décret n° 2022-395 du 18 mars 2022 : mise en œuvre du portail numérique de dépôt du DUERP (DUERP.fr) avec calendrier de déploiement progressif selon la taille de l'entreprise — les entreprises de 150 salariés et plus concernées en premier
Pour en savoir plus sur vos obligations, consultez notre guide complet sur l'obligation du DUERP.
Les 10 risques professionnels majeurs en Carreleur
Tableau interactif des risques évalués par gravité et fréquence d'exposition. Cliquez sur les en-têtes pour trier.
| Risque | Situations | Actions à mener | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Découpe de carreaux en grès cérame ou pierres siliceuses à la meuleuse ; meulage et ponçage de chapes ; carottage dans les dalles béton ; nettoyage à sec des chantiers. | Très élevée4/4 | Quotidienne4/4 | Critique16/16 | Équiper les outils de découpe d'une aspiration à la source ou travailler à voie humide ; interdire la découpe à sec en espace confiné ; fournir des demi-masques FFP3 pour les matériaux siliceux ; réaliser des mesures d'empoussièrement par organisme accrédité ; inscrire les salariés exposés en surveillance médicale renforcée. | |
| Pose de carrelage sur grandes surfaces ; application de mortier-colle à la taloche dentelée à genoux ; jointoiement et nettoyage à genoux ; pose de plinthes en position accroupie. | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Rendre obligatoires les genouillères ergonomiques certifiées EN 14404 ; intégrer des aides mécaniques à la pose (kneeboard, table à roulettes) ; organiser la rotation des tâches pour alterner les postures agenouillées ; déclarer les expositions au C2P si postures pénibles dépassent 900 h/an. | |
| Déchargement de palettes de carreaux ; transport sur échafaudages ou escaliers étroits ; positionnement de dalles grand format à deux mains ; levage de pierres naturelles de grande surface. | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Acquérir des ventouses mécaniques ou pneumatiques à double aspiration ; mettre à disposition transpalettes ou diables adaptés ; imposer le travail à deux pour toute charge supérieure à 25 kg ; former les salariés aux gestes et postures (PRAP) ; déclarer les expositions au C2P si manutentions dépassent 7,5 t/jour. | |
| Gâchage et application manuelle de mortier-colle et ragréage ; jointoiement sans gants ; manipulation de coulis acides ou basiques ; contact avec résines époxy lors de poses spéciales. | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Imposer des gants imperméables résistants aux bases (nitrile ou néoprène, certifiés EN 374) lors de tout contact avec ciment frais et colles ; privilégier les mortiers-colles à teneur réduite en Cr VI (< 2 ppm, conformes REACH) ; former les carreleurs à l'hygiène cutanée et à la détection précoce de l'eczéma. | |
| Découpe à la meuleuse angulaire ou à la scie sur table ; démolition de carrelage existant au marteau-piqueur ; malaxage de mortier-colle au malaxeur électrique ; damage de chapes avec aiguille vibrante. | Élevée3/4 | Fréquente3/4 | Élevé9/16 | Réaliser une mesure de l'exposition au bruit par dosimètre par un organisme accrédité ; imposer des protections auditives (EN 352) pour toute opération dépassant 80 dB(A) ; alterner les tâches vibratoires avec des activités sans vibration ; déclarer les expositions au C2P si bruit > 81 dB(A)/8h ou vibrations > 2,5 m/s². | |
| Découpe à la carrelette manuelle ou électrique ; décarrelage au marteau et au burin ; manipulation de carreaux cassés ou ébréchés ; découpe de plinthes en angles complexes à la meuleuse. | Élevée3/4 | Fréquente3/4 | Élevé9/16 | Imposer des gants anti-coupures certifiés EN 388 (niveau 3 minimum) lors de toute manipulation de carreaux coupés ou brisés ; rendre obligatoire le port de lunettes polycarbonate lors des découpes et du décarrelage ; équiper les zones de découpe de protège-disques et d'écrans anti-projection ; maintenir une trousse de secours accessible avec protocole pour les coupures profondes. | |
| Pose murale en partie haute (> 2 m) sur échelle ou tréteaux ; intervention sur grands volumes (piscines, salles de sport) ; travaux de carrelage sur échafaudages partagés avec d'autres corps de métier. | Très élevée4/4 | Occasionnelle2/4 | Élevé8/16 | Remplacer les échelles par des plateformes individuelles roulantes (PIR) pour tout travail au-dessus de 1 m ; interdire l'échelle simple au-delà de 1,5 m ; mettre en place des garde-corps lors des interventions sur échafaudages ; former les compagnons au montage et à l'utilisation des PIR. | |
| Déplacement sur sol fraîchement carrelé non encore sec ; circulation sur chantier avec sol encombré de cartons et palettes ; nettoyage à l'eau rendant le sol glissant ; zones de découpe avec fragments de carreaux au sol. | Moyenne2/4 | Quotidienne4/4 | Élevé8/16 | Mettre en place un plan de circulation avec zones de passage maintenues dégagées ; imposer des chaussures de sécurité à semelle antidérapante S3 ; désigner un responsable du rangement quotidien en fin de poste ; baliser systématiquement les zones humides lors du nettoyage et du jointoiement. | |
| Utilisation d'outillage électroportatif dans des zones humides (salles de bains, cuisines, piscines) ; connexion d'outils sur tableaux non vérifiés ; prolongateurs en mauvais état ; découpe à voie humide avec alimentation non adaptée. | Très élevée4/4 | Occasionnelle2/4 | Élevé8/16 | Vérifier l'état des outils électroportatifs avant chaque utilisation et les faire contrôler périodiquement par un électricien habilité ; utiliser exclusivement des outils de classe II ou alimentés en TBTS dans les zones très humides ; s'assurer que chaque tableau de chantier comporte un différentiel 30 mA en bon état ; former les salariés aux habilitations électriques de base (BS/BE). | |
| Pose de dallage extérieur en période estivale ; travaux de chape en locaux non climatisés ; interventions sous verrières ou dans des hangars non ventilés en été. | Élevée3/4 | Occasionnelle2/4 | Moyen6/16 | Activer le plan canicule dès la vigilance orange Météo France ; aménager les horaires pour éviter les heures les plus chaudes (11h-15h) lors des travaux extérieurs ; fournir au minimum 1 litre d'eau fraîche par heure par salarié ; prévoir des abris ombragés pour les pauses. |
La découpe à sec de carreaux en grès cérame, de pierres calcaires ou de béton génère des concentrations de silice cristalline alvéolaire (cancérogène CIRC groupe 1) très supérieures à la VLEP de 0,1 mg/m³, pouvant causer silicose et cancer broncho-pulmonaire avec 10 à 30 ans de latence.
Actions à mener
Équiper les outils de découpe d'une aspiration à la source ou travailler à voie humide ; interdire la découpe à sec en espace confiné ; fournir des demi-masques FFP3 pour les matériaux siliceux ; réaliser des mesures d'empoussièrement par organisme accrédité ; inscrire les salariés exposés en surveillance médicale renforcée.
Le travail à genoux lors de la pose de carrelage de sol est la principale cause de lésions chroniques du ménisque (tableau MP 79) et d'hygroma du genou (tableau MP 57), pathologies dégénératives pouvant évoluer vers des incapacités permanentes.
Actions à mener
Rendre obligatoires les genouillères ergonomiques certifiées EN 14404 ; intégrer des aides mécaniques à la pose (kneeboard, table à roulettes) ; organiser la rotation des tâches pour alterner les postures agenouillées ; déclarer les expositions au C2P si postures pénibles dépassent 900 h/an.
Les carreaux grand format (15 à 45 kg) et les sacs de mortier-colle (25 à 40 kg) exposent les carreleurs à des lombalgies chroniques, hernies discales et lésions para-vertébrales reconnues au tableau MP 98.
Actions à mener
Acquérir des ventouses mécaniques ou pneumatiques à double aspiration ; mettre à disposition transpalettes ou diables adaptés ; imposer le travail à deux pour toute charge supérieure à 25 kg ; former les salariés aux gestes et postures (PRAP) ; déclarer les expositions au C2P si manutentions dépassent 7,5 t/jour.
Le contact répété avec le ciment frais (chrome hexavalent Cr VI), les mortiers-colles et les produits de nettoyage provoque des dermatites de contact allergiques reconnues au tableau MP 8, pouvant devenir invalidantes et conduire à une reconversion professionnelle.
Actions à mener
Imposer des gants imperméables résistants aux bases (nitrile ou néoprène, certifiés EN 374) lors de tout contact avec ciment frais et colles ; privilégier les mortiers-colles à teneur réduite en Cr VI (< 2 ppm, conformes REACH) ; former les carreleurs à l'hygiène cutanée et à la détection précoce de l'eczéma.
La découpe à la meuleuse ou à la scie diamantée génère 85 à 105 dB(A), au-delà des valeurs d'action réglementaires ; l'utilisation prolongée d'outils vibrants (marteau-piqueur, malaxeur) expose au syndrome des vibrations (tableau MP 69) et aux arthroses précoces.
Actions à mener
Réaliser une mesure de l'exposition au bruit par dosimètre par un organisme accrédité ; imposer des protections auditives (EN 352) pour toute opération dépassant 80 dB(A) ; alterner les tâches vibratoires avec des activités sans vibration ; déclarer les expositions au C2P si bruit > 81 dB(A)/8h ou vibrations > 2,5 m/s².
Les arêtes très coupantes des carreaux après découpe et les éclats projetés lors des opérations de coupe ou de décarrelage exposent les carreleurs à des coupures profondes des mains et à des blessures oculaires graves.
Actions à mener
Imposer des gants anti-coupures certifiés EN 388 (niveau 3 minimum) lors de toute manipulation de carreaux coupés ou brisés ; rendre obligatoire le port de lunettes polycarbonate lors des découpes et du décarrelage ; équiper les zones de découpe de protège-disques et d'écrans anti-projection ; maintenir une trousse de secours accessible avec protocole pour les coupures profondes.
La pose de carrelage mural sur surfaces hautes oblige à travailler sur échelles ou échafaudages ; les chutes de hauteur sont la première cause de mortalité dans le BTP (146 décès en 2024 selon la CNAM).
Actions à mener
Remplacer les échelles par des plateformes individuelles roulantes (PIR) pour tout travail au-dessus de 1 m ; interdire l'échelle simple au-delà de 1,5 m ; mettre en place des garde-corps lors des interventions sur échafaudages ; former les compagnons au montage et à l'utilisation des PIR.
Les chantiers de carrelage présentent de nombreux facteurs de risque de chutes de plain-pied (sols fraîchement carrelés, mortier répandu, emballages et outillage dispersés, humidité permanente), première cause d'accident avec arrêt dans le BTP après les chutes de hauteur.
Actions à mener
Mettre en place un plan de circulation avec zones de passage maintenues dégagées ; imposer des chaussures de sécurité à semelle antidérapante S3 ; désigner un responsable du rangement quotidien en fin de poste ; baliser systématiquement les zones humides lors du nettoyage et du jointoiement.
La combinaison permanente d'humidité (eau pour la découpe, jointoiement, nettoyage) et d'outillage électroportatif intensif sur chantier constitue un risque grave d'électrisation ou d'électrocution, aggravé par les défaillances possibles des prolongateurs et des systèmes de protection différentielle.
Actions à mener
Vérifier l'état des outils électroportatifs avant chaque utilisation et les faire contrôler périodiquement par un électricien habilité ; utiliser exclusivement des outils de classe II ou alimentés en TBTS dans les zones très humides ; s'assurer que chaque tableau de chantier comporte un différentiel 30 mA en bon état ; former les salariés aux habilitations électriques de base (BS/BE).
Les chantiers de carrelage extérieurs (terrasses, plages de piscines, allées) exposent les carreleurs au risque de coup de chaleur en période estivale, aggravé par le port des EPI et l'effort physique intense lié à la manutention.
Actions à mener
Activer le plan canicule dès la vigilance orange Météo France ; aménager les horaires pour éviter les heures les plus chaudes (11h-15h) lors des travaux extérieurs ; fournir au minimum 1 litre d'eau fraîche par heure par salarié ; prévoir des abris ombragés pour les pauses.
Consultez notre liste complète des risques professionnels pour approfondir chaque catégorie de risque.
Comment rédiger un DUERP Carreleur en 5 étapes
Élaborer un DUERP carreleur conforme demande de suivre une méthode rigoureuse en cinq étapes, adaptée aux artisans comme aux petites entreprises de carrelage.
Identifier les unités de travail spécifiques au carrelage
Listez toutes les activités exercées (préparation des supports, découpe, pose de sol, pose murale, jointoiement, nettoyage, manutentions) — chaque activité constitue une unité de travail à évaluer séparément.
Identifier et évaluer les risques par unité de travail
Pour chaque activité, listez les dangers (silice, produits chimiques, postures, manutentions, bruit, vibrations, chutes, électricité) et évaluez chaque risque en combinant gravité (1 à 4) et fréquence d'exposition (1 à 4).
Recenser les mesures de prévention existantes
Pour chaque risque, inventoriez les protections déjà en place (EPC, EPI, formations, procédures) — l'honnêteté dans cet inventaire est essentielle pour identifier correctement les lacunes.
Définir le plan d'actions de prévention prioritaires
Construisez votre plan en respectant la hiérarchie des mesures : suppression du risque en premier (découpe à voie humide), puis protections collectives (aspiration à la source), puis EPI en dernier recours — avec responsable, délai et budget pour chaque action.
Formaliser le document et le mettre en page
Rédigez le DUERP structuré par unité de travail, daté et signé par le chef d'entreprise — notre plateforme génère automatiquement un PDF conforme pré-rempli avec les risques spécifiques au carreleur.
Notre logiciel automatise ces 5 étapes en posant les bonnes questions adaptées au secteur carreleur. Vous répondez, on génère votre DUERP conforme.
Besoin d'aide ? Lire notre guide de rédaction complet
Les unités de travail à évaluer dans votre Carreleur
Dans une entreprise de carrelage, l'évaluation des risques doit être organisée par unités de travail correspondant aux différentes activités exercées. Voici les principales unités à identifier pour un DUERP carreleur complet.
Préparation des supports et chapes
1 à 3 compagnons carreleurs
Toutes les opérations préalables à la pose (ragréage, chape, ponçage, décarrelage) présentant des risques élevés de poussières de silice, de vibrations et de bruit.
Découpe et façonnage des matériaux
1 compagnon dédié à la découpe
Opérations de coupe à la carrelette, scie sur table ou meuleuse angulaire — zone présentant les risques les plus élevés de l'activité (silice, bruit, coupures, projections).
Pose de carrelage de sol
1 à 4 compagnons carreleurs
Application de mortier-colle et scellement des carreaux — unité la plus exposée aux TMS du genou et du rachis, aux risques chimiques et aux chutes de plain-pied.
Pose de carrelage mural et faïence
1 à 2 compagnons carreleurs
Pose de faïences, mosaïque et grandes dalles murales — unité exposée aux chutes de hauteur, aux TMS de l'épaule (bras en élévation) et aux risques électriques en zones humides.
Jointoiement, nettoyage et finitions
1 à 2 compagnons carreleurs
Application du coulis de joint, nettoyage aux produits acides ou basiques et pose des profilés de finition — phase présentant des risques chimiques importants (dermatoses, irritations respiratoires).
Approvisionnement, livraisons et manutentions
1 à 2 compagnons ou manœuvres
Réception des livraisons, déchargement des palettes et transport des matériaux jusqu'aux zones de pose — risques principaux liés aux manutentions lourdes et aux chutes lors des accès aux étages.
Qu'est-ce qu'une unité de travail ?
Une unité de travail désigne un groupe de salariés exposés aux mêmes risques dans un même lieu ou une même situation de travail. Elle peut correspondre à un poste de travail, un atelier, un service ou un lieu géographique. L'identification des unités de travail est la première étape de l'évaluation des risques dans le DUERP.
Réglementation DUERP spécifique au secteur Carreleur
Le DUERP carreleur s'inscrit dans un cadre réglementaire précis, articulant le droit commun du travail et des textes sectoriels spécifiques au BTP et aux risques particuliers du métier (silice, pénibilité, CMR).
Obligation générale du DUERP
Articles R4121-1 à R4121-4 du Code du travail — Décret n° 2001-1016 du 5 novembre 2001Fondement légal de l'obligation d'élaboration, de mise à jour et de conservation du DUERP pour toute entreprise dès le premier salarié, définissant le contenu minimal, les modalités de mise à jour et les conditions d'accessibilité.
Consulter le texte officielValeur limite d'exposition à la silice cristalline (VLEP)
Arrêté du 14 mai 2007 — Décret n° 2009-1570 du 15 décembre 2009Fixe la VLEP contraignante à 0,1 mg/m³ pour la silice cristalline sous forme de quartz, imposant à l'employeur de mesurer les concentrations atmosphériques et de mettre en œuvre des mesures de prévention (voie humide, aspiration à la source, EPI).
Consulter le texte officielRéglementation CMR — agents cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques
Articles R4412-59 à R4412-93 du Code du travailRégit l'évaluation et la prévention des risques CMR (dont la silice cristalline) : substitution prioritaire, protections collectives, surveillance médicale renforcée et fiches d'exposition individuelles conservées 40 ans.
Consulter le texte officielTableaux des maladies professionnelles applicables aux carreleurs
Tableaux MP 8, 25, 57, 69, 79, 98 du régime général — Articles L461-1 et suivants du Code de la sécurité socialeLes carreleurs peuvent être reconnus au titre des tableaux MP 8 (dermatoses au chrome), MP 25 (silicose), MP 57 (hygroma du genou), MP 69 (affections par vibrations), MP 79 (lésions du ménisque) et MP 98 (affections du rachis lombaire par manutentions).
Consulter le texte officielCompte Professionnel de Prévention (C2P) — pénibilité
Articles L4163-1 à L4163-23 et D4163-1 à D4163-28 du Code du travailL'employeur doit déclarer les expositions aux facteurs de pénibilité dépassant les seuils réglementaires : manutentions (> 7,5 t/jour), postures pénibles (> 900 h/an à genoux), vibrations (> 2,5 m/s²/8h) et bruit (> 81 dB(A)/8h).
Consulter le texte officielLoi Santé au Travail 2021 — conservation et dépôt numérique
Loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 — Article L4121-3-2 du Code du travailRenforce les obligations du DUERP : conservation de toutes les versions pendant 40 ans, dépôt dématérialisé progressif sur portail national et renforcement du rôle du CSE dans la démarche de prévention.
Consulter le texte officielOrganismes de référence
INRS
Institut National de Recherche et de Sécurité
CARSAT
Caisse d'Assurance Retraite et Santé au Travail
Médecine du travail
Service de santé au travail interentreprises
Inspection du travail
Direction régionale (DREETS)
Mesures de prévention incontournables en Carreleur
La prévention des risques dans le métier de carreleur s'articule autour de quatre axes prioritaires, avec des mesures concrètes réalisables même pour une petite entreprise artisanale.
Prévention des risques liés aux poussières et produits chimiques
4 mesures
Équiper les outils de découpe d'un système d'aspiration à la source
Priorité hauteInstaller sur chaque meuleuse et scie sur table une gaine d'aspiration connectée à un aspirateur HEPA — la mesure la plus efficace pour réduire la silice cristalline sous la VLEP, avec des systèmes adaptés aux meuleuses portatives (capots aspirants) pour un coût de 150 à 400 € par outil.
Généraliser la découpe à voie humide pour les matériaux siliceux
Priorité hauteLe travail à voie humide (refroidissement continu à l'eau) réduit par 10 les poussières en suspension par rapport à la découpe à sec ; équiper les scies sur table d'un système de recirculation et interdire formellement la découpe à sec en espace confiné.
Utiliser des produits à teneur réduite en chrome hexavalent
Priorité hauteSélectionner des mortiers-colles et ciments conformes au règlement REACH (Cr VI soluble < 2 ppm) et tenir à jour l'inventaire des produits chimiques avec leurs Fiches de Données de Sécurité (FDS) accessibles sur chaque chantier.
Fournir et former au port des EPI respiratoires et cutanés
Priorité hauteMettre à disposition des demi-masques FFP3 pour toutes les opérations de découpe et ponçage, et des gants en nitrile (épaisseur min. 0,4 mm) pour tout contact avec le ciment et les colles ; organiser une formation annuelle sur l'utilisation et les limites des EPI.
Prévention des TMS — genoux, dos et épaules
4 mesures
Équiper tous les compagnons de genouillères ergonomiques certifiées
Priorité hauteLes genouillères certifiées EN 14404 (type 1 ou 2) à coque rigide avec mousse à mémoire de forme doivent être portées dès la première heure de travail à genoux, avec un renouvellement annuel pour un budget de 25 à 80 € par paire.
Acquérir des aides mécaniques à la manutention des carreaux
Priorité hauteÉquiper l'entreprise de ventouses mécaniques ou pneumatiques à double aspiration pour les carreaux grand format (à partir de 60×60 cm) et d'un diable renforcé à plateau pour le transport sur chantier, pour un budget de 100 à 500 € par poste.
Organiser la rotation des tâches pour réduire les expositions répétitives
Priorité moyenneAlterner les postures contraignantes avec des activités moins pénibles : après 2 heures de pose à genoux, prévoir une période de découpe debout, de jointoiement ou d'approvisionnement, et formaliser ce planning de rotation dans la planification de chantier.
Former les salariés aux gestes et postures (formation PRAP)
Priorité moyenneOrganiser une formation PRAP d'une journée pour tous les compagnons, dispensée par un formateur certifié INRS, éligible aux financements OPPBTP et OCAPIAT pour les entreprises artisanales.
Prévention des risques physiques — chutes et bruit
4 mesures
Remplacer les échelles par des plateformes individuelles roulantes (PIR)
Priorité hautePour tout travail de pose murale au-dessus de 1,5 m, remplacer les échelles simples par des PIR ou échafaudages roulants légers (300 à 1 500 € selon le modèle) qui offrent une surface de travail stable et se déplacent facilement sur les chantiers.
Imposer le port des protections auditives lors des découpes
Priorité hauteÉquiper chaque compagnon de bouchons antibruit (SNR min. 28 dB) ou de casques antibruit (SNR min. 25 dB) portés lors de toutes les opérations dépassant 80 dB(A), avec affichage du rappel d'obligation dans la zone de découpe.
Maintenir l'outillage électrique et le vérifier avant utilisation en zones humides
Priorité hauteÉtablir un registre de vérification de l'outillage électroportatif avec contrôles périodiques par un électricien habilité ; former les compagnons à la vérification visuelle quotidienne et retirer immédiatement de service tout outil défaillant.
Mettre en place un plan de prévention de la canicule
RecommandéePour les chantiers extérieurs en été, activer le plan canicule dès la vigilance orange Météo France : aménagement des horaires (pause de 11h à 15h), eau fraîche à volonté, abri ombragé et formation à la reconnaissance des signes de coup de chaleur.
Organisation, formation et suivi médical
3 mesures
Mettre en place la surveillance médicale renforcée pour les exposés à la silice
Priorité hauteTout salarié exposé à la silice au-delà de la VLEP doit bénéficier d'une surveillance médicale renforcée (examen tous les 24 mois avec spirométrie) ; les fiches d'exposition individuelles doivent être tenues à jour et conservées 40 ans.
Former les compagnons à la reconnaissance et au signalement des maladies professionnelles
Priorité moyenneInformer tous les salariés sur les maladies professionnelles spécifiques (silicose, eczéma du ciment, hygroma du genou, surdité), leurs symptômes précoces et les démarches de reconnaissance auprès de la CPAM, lors de la visite médicale ou en réunion annuelle.
Déclarer les expositions à la pénibilité et alimenter le C2P
RecommandéeÉvaluer chaque année si les seuils de pénibilité réglementaires sont dépassés et déclarer les expositions via la DSN avant le 31 janvier de l'année suivante ; cette démarche protège aussi l'employeur en cas de litige sur les conditions de travail.
Rappel : hiérarchie de prévention (Code du travail)
- 1Supprimer le danger à la source (substitution de produits, suppression du poste dangereux)
- 2Réduire le risque par des moyens techniques (ventilation, revêtement antidérapant)
- 3Protéger les travailleurs par des EPI (gants, chaussures de sécurité)
- 4Former et informer les salariés (gestes et postures, sécurité incendie)
DUERP Carreleur : Word/Excel vs logiciel spécialisé
Comparer la rédaction manuelle d'un DUERP carreleur avec l'utilisation d'une solution numérique spécialisée permet de mieux comprendre les avantages d'un outil adapté à votre métier.
Temps de rédaction
8 à 20 heures pour un DUERP complet et conforme, souvent réparti sur plusieurs jours
Word/Excel
30 à 60 minutes grâce aux risques carreleur pré-identifiés et aux formulaires guidés
Notre logiciel
Conformité réglementaire
Difficile à garantir sans formation juridique : risque d'oublier des risques spécifiques (silice CMR, pénibilité, C2P) ou des articles du Code du travail
Word/Excel
Références légales intégrées (Code du travail, tableaux MP, VLEP silice, C2P) et mises à jour automatiquement
Notre logiciel
Risques spécifiques au carrelage
Nécessite une connaissance approfondie des risques métier (silice cristalline, MP 57/79, pénibilité) que beaucoup d'artisans n'ont pas
Word/Excel
Risques spécifiques au carreleur pré-chargés (silice, TMS, dermatoses, chutes, bruit) avec mesures de prévention adaptées au métier
Notre logiciel
Mise à jour et suivi
Fastidieux manuellement : il faut retrouver le document, le modifier, l'imprimer à nouveau et en informer les salariés
Word/Excel
Mise à jour en quelques clics, historique des versions conservé automatiquement, notification des salariés intégrée
Notre logiciel
Format et présentation
Variable selon l'auteur : tableur sans mise en forme, document Word non structuré, peu lisible par l'inspection du travail
Word/Excel
PDF professionnel, structuré par unité de travail, avec tableau d'évaluation normalisé et plan d'actions formalisé
Notre logiciel
Coût
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