Tout savoir sur le DUERP en EHPAD-Maison de retraite
Vous gérez un EHPAD, une maison de retraite médicalisée ou une unité de soins de longue durée (USLD) ? Le DUERP est obligatoire dès le premier salarié (art. R4121-1 du Code du travail). Les EHPAD concentrent les risques les plus intenses du secteur médico-social : manutention quotidienne de résidents dépendants, violences et agressions liées aux troubles cognitifs, burn-out et RPS liés aux décès répétés et au sous-effectif, risque biologique élevé (AES, BMR). Le secteur emploie 440 000 salariés dans 7 500 établissements. La CNAM recense plus de 30 000 accidents du travail par an — soit 68 pour 1 000 salariés, plus du double de la moyenne nationale. Les TMS représentent 85 % des maladies professionnelles ; jusqu'à 40 % des soignants présentent des signes de burn-out (DREES). Notre plateforme génère votre DUERP EHPAD conforme en quelques minutes, avec les risques médico-sociaux pré-identifiés, au format PDF prêt pour l'inspection du travail, la CARSAT ou l'ARS.
DUERP EHPAD-Maison de retraite — En bref
Vue d'ensemble des points clés de cette page
Le DUERP en EHPAD-Maison de retraite : une obligation légale depuis 2001
Le Document Unique est obligatoire pour tout employeur dès le premier salarié, conformément aux articles R4121-1 et suivants du Code du travail.
Document Unique obligatoire dès le 1er salarié
Tout employeur d'un EHPAD — public, associatif ou privé — est tenu d'élaborer et de tenir à jour un DUERP dès l'embauche du premier salarié, sans exception quelle que soit la taille ou le statut juridique de l'établissement.
Amende de 1 500 € par salarié (contravention de 5e classe), majorée à 3 000 € en cas de récidive. En cas d'accident du travail sans DUERP, faute inexcusable de l'employeur susceptible d'aggraver considérablement les indemnisations versées aux victimes.
Mise à jour annuelle et après tout événement significatif
Pour les établissements de 11 salariés et plus — quasi-totalité des EHPAD — la mise à jour est obligatoire au minimum une fois par an et après tout changement significatif : réorganisation des équipes, modification des protocoles, nouvel équipement, accident du travail ou maladie professionnelle.
Conservation pendant 40 ans
Depuis la loi Santé au travail du 2 août 2021, chaque version du DUERP doit être conservée 40 ans — durée critique dans les EHPAD exposés aux maladies professionnelles à effet différé. Le dépôt dématérialisé est progressivement obligatoire selon la taille de l'établissement.
Non-conformité lors des contrôles de l'inspection du travail, de la CARSAT ou de l'ARS.
Consultation du CSE ou des représentants du personnel
Le DUERP et ses mises à jour doivent être présentés au CSE dans les établissements de plus de 11 salariés et être accessibles au médecin du travail, à l'inspection du travail, aux agents de la CARSAT et aux inspecteurs de l'ARS.
Programme Annuel de Prévention (PAPRIPACT) pour les établissements de 50+ salariés
Les EHPAD de 50 salariés et plus doivent élaborer un PAPRIPACT issu du DUERP, identifiant les actions prioritaires, les responsables, les délais et les budgets alloués — notamment pour les TMS et les risques psychosociaux.
Obligations spécifiques Code de l'action sociale et des familles
Les EHPAD sont soumis aux obligations du CASF en matière de qualité des soins et de sécurité. L'évaluation des risques professionnels s'inscrit dans la démarche qualité continue contrôlée par l'ARS lors des inspections périodiques.
Évolution de la réglementation
Décret n° 2001-1016 du 5 novembre 2001 : création de l'obligation du Document Unique d'évaluation des risques professionnels pour tout employeur dès un salarié — s'applique à tous les EHPAD publics, associatifs et privés
Loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l'action sociale et médico-sociale : renforcement des droits des usagers et obligations qualité pour les établissements, avec impact direct sur les conditions de travail du personnel soignant
Convention Collective Nationale FEHAP (IDCC 29) révisée : encadrement renforcé des conditions de travail, aménagement du temps de travail, dispositions spécifiques pour le travail de nuit et les week-ends dans les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux privés à but non lucratif
Plan national de prévention des TMS dans les EHPAD — INRS, ANACT et CNAM : déploiement des référentiels sectoriels pour la prévention de la manutention de personnes et la réduction des lombalgies professionnelles dans le secteur médico-social
Crise COVID-19 : exposition massive du personnel soignant des EHPAD aux risques biologiques, révélation publique de la situation de sous-effectif chronique et accélération des plans de prévention des risques psychosociaux dans le secteur
Loi Santé au travail du 2 août 2021 : conservation du DUERP pendant 40 ans, dépôt dématérialisé, passeport de prévention, renforcement de la prévention primaire — particulièrement impactant pour les EHPAD exposés aux maladies professionnelles chroniques
Décret du 18 mars 2022 fixant les modalités de dépôt numérique du DUERP. Rapport Berthod-Wurmser (2022) sur les conditions de travail en EHPAD. Réforme du financement des EHPAD avec intégration d'objectifs de qualité de vie au travail dans les contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens (CPOM)
Pour en savoir plus sur vos obligations, consultez notre guide complet sur l'obligation du DUERP.
Les 10 risques professionnels majeurs en EHPAD-Maison de retraite
Tableau interactif des risques évalués par gravité et fréquence d'exposition. Cliquez sur les en-têtes pour trier.
| Risque | Situations | Actions à mener | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Transferts lit-fauteuil-WC, aide au lever et coucher, toilette en salle de bains ou au lit, change de résidents alités, aide à la marche et accompagnement dans les couloirs, relevé d'un résident tombé, repositionnement d'un résident glissé dans son fauteuil | Très élevée4/4 | Quotidienne4/4 | Critique16/16 | Évaluation ergonomique systématique de chaque résident lors de l'admission (grille de dépendance GIR), dotation en équipements de manutention adaptés (lève-personne mobile ou sur rail, verticalisateur, ceinture de transfert, disque de transfert, planche de glissement), formation à la démarche ALM (Accompagner la Mobilité) développée par l'INRS, interdiction formelle du transfert manuel pour les résidents GIR 1-2 sans aide technique, intervention en binôme systématique pour les levers difficiles | |
| Décès d'un résident avec qui un lien fort avait été établi sur plusieurs mois ou années, prise en charge de résidents en soins palliatifs sans ressources suffisantes (manque de personnel, de matériel), conflits éthiques entre qualité de soins voulue et contraintes d'effectifs, surcharge horaire lors des périodes d'absentéisme non compensé, sentiment d'impuissance face à la souffrance des résidents et de leurs familles | Très élevée4/4 | Quotidienne4/4 | Critique16/16 | Groupes de parole réguliers animés par un psychologue clinicien externe (minimum mensuel), cellule de soutien psychologique opérationnelle après les décès ou événements traumatisants, analyse approfondie des causes de l'absentéisme avec plan d'actions correctif sur les effectifs et l'organisation, entretiens individuels réguliers avec le cadre de santé, programme de qualité de vie au travail (QVT) intégré au projet d'établissement, reconnaissance formelle du travail émotionnel dans les fiches de poste | |
| Soins infirmiers (injections, perfusions, prises de sang), pansements sur plaies infectées ou colonisées, change et soins d'hygiène de résidents incontinents, gestion des DASRI (aiguilles, lancettes, sondes), contact avec résidents porteurs de bactéries multi-résistantes (BMR), épidémies saisonnières (grippe, gastro-entérite, COVID) au sein de l'établissement | Très élevée4/4 | Quotidienne4/4 | Critique16/16 | Formation et actualisation régulière aux précautions standard et complémentaires d'hygiène (précautions contact, gouttelettes, air), dotation systématique en EPI adaptés au niveau de risque (gants nitrile, surblouses imperméables, masques FFP2 pour les soins aérogènes), protocole de conduite à tenir en cas d'AES affiché dans chaque unité de soins, mise à jour des vaccinations obligatoires (hépatite B, grippe, COVID) avec traçabilité dans le dossier RH, signalement et suivi de tous les AES par le médecin du travail | |
| Toilette ou change d'un résident agité, aide au lever d'un résident opposant, distribution des repas à un résident déambulant, contention de résidents en crise d'agitation nocturne, soins infirmiers sur résidents non coopérants, entrée dans la chambre d'un résident présentant des troubles comportementaux sévères | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Formation systématique à la méthode de Montessori et aux approches non médicamenteuses des troubles comportementaux, fiche de signalement des incidents d'agression (déclaration AT ou presque-AT), affectation préférentielle en binôme pour les résidents à comportements violents connus, analyse pluridisciplinaire des situations d'agression répétée (psychiatre, psychologue, équipe), soutien psychologique post-agression, signalement systématique à l'ARS des situations les plus graves | |
| Salle de bains pendant la toilette d'un résident (sol mouillé de façon permanente), couloir lors du déplacement rapide d'un chariot de soins, office de soins avec projections d'eau lors de la préparation du matériel, cuisine collective lors du nettoyage des sols, chambre lors d'un change urgent | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Fourniture obligatoire de chaussures professionnelles antidérapantes homologuées à l'ensemble du personnel soignant et hôtelier, installation de revêtements de sol antidérapants dans les salles de bains et les zones à risque, procédure de signalement immédiat de toute flaque d'eau avec signalétique renforcée, organisation du travail réduisant les déplacements en urgence, vérification périodique de l'état des revêtements de sol | |
| Désinfection quotidienne des chambres, salles de bains et locaux communs par les ASH, préparation et dilution des solutions désinfectantes en office de soins, désinfection du matériel médical (bassins, urinals, matériel de soins), nettoyage des sanitaires collectifs, traitement des vêtements souillés en buanderie, utilisation des gels hydroalcooliques en grande quantité | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Substitution des produits les plus dangereux par des alternatives moins nocives (remplacement du glutaraldéhyde par des désinfectants à base de peroxyde d'hydrogène, choix de produits sans CMR), fourniture de gants en nitrile adaptés à chaque type de produit et renouvelés régulièrement, formation des ASH à la lecture des étiquettes et à la dilution correcte des produits concentrés, ventilation renforcée des offices de soins et locaux de nettoyage, surveillance médicale des personnels présentant des symptômes respiratoires ou cutanés | |
| Décès d'un résident accompagné depuis plus d'un an, prise en charge de résidents en soins palliatifs sans ressources médicamenteuses suffisantes, situations de fin de vie douloureuse mal contrôlée, communication difficile avec les familles en état de choc ou en conflit, accumulation de plusieurs décès en peu de temps sur la même unité | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Formation spécifique des soignants à l'accompagnement en soins palliatifs et à la gestion du deuil professionnel (formation SFAP, modules d'éthique clinique), groupe de parole mensuel animé par un psychologue extérieur spécialisé en institutions médico-sociales, temps dédié à chaque décès pour une transmission d'équipe incluant un espace de parole, limitation du nombre d'accompagnements palliatifs simultanés par soignant, reconnaissance formelle du travail émotionnel et de l'expertise relationnelle dans les parcours de formation | |
| Garde de nuit seul(e) ou en binôme pour 25 à 40 résidents, travail en week-end avec équipes réduites, journées de 10 à 12 heures consécutives, rotations matin-soir-nuit sur des semaines courtes, jours fériés avec effectif minimal, astreintes sur appel | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Respect strict du ratio minimal de personnels de nuit par rapport au nombre de résidents, rotation équitable des gardes de nuit avec limitation des nuits consécutives, visite médicale de surveillance renforcée pour le personnel travaillant régulièrement de nuit (annuelle minimum), information des soignants sur les risques du travail de nuit et les stratégies de récupération, planification à l'avance des plannings de travail (minimum 4 semaines) pour permettre l'organisation personnelle | |
| Poussée des chariots de repas dans les couloirs (surfaces parfois en mauvais état, dénivelés aux portes), manutention du linge souillé en sacs lourds vers la buanderie, chargement et déchargement des machines à laver industrielles, réapprovisionnement des stocks en réserve (cartons de couches, consommables), déplacement des lève-personnes mobiles et des fauteuils roulants électriques | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Vérification périodique de l'état des roues et du système de freinage des chariots, installation de revêtements de sol permettant la déambulation facile des chariots (pas de tapis, seuils arasés), formation spécifique à la manutention de charges pour les ASH et le personnel de cuisine, limitation du poids des sacs de linge souillé (maximum 10 kg), mise à disposition d'équipements de manutention adaptés (transpalette pour les gros approvisionnements) | |
| Nettoyage ou remplacement des pommes de douche et robinetteries, intervention de maintenance sur le réseau d'eau chaude sanitaire, utilisation de douches ou points d'eau peu fréquentés (chambre vacante depuis plusieurs jours), nettoyage des bacs d'eau de climatiseurs ou humidificateurs, utilisation de bains à remous ou balnéothérapie | Très élevée4/4 | Occasionnelle2/4 | Élevé8/16 | Maintien de la température de l'eau chaude sanitaire au-dessus de 55°C en tous points du réseau (obligation réglementaire), contrôles bactériologiques réguliers selon le plan de surveillance (analyse Legionella tous les trimestres minimum), chasse des points d'eau peu utilisés hebdomadairement (protocole de purge documenté), fourniture de masques FFP2 et de lunettes de protection lors des interventions de maintenance sur le réseau d'eau, formation du personnel de maintenance aux risques légionellose |
La manutention des résidents est le premier risque en EHPAD : transferts, levers, toilettes et changes génèrent des sollicitations rachidiennes extrêmes, plusieurs dizaines de fois par jour, causant lombalgies chroniques et TMS des épaules chez plus de 60 % des aides-soignantes selon la CNAM.
Actions à mener
Évaluation ergonomique systématique de chaque résident lors de l'admission (grille de dépendance GIR), dotation en équipements de manutention adaptés (lève-personne mobile ou sur rail, verticalisateur, ceinture de transfert, disque de transfert, planche de glissement), formation à la démarche ALM (Accompagner la Mobilité) développée par l'INRS, interdiction formelle du transfert manuel pour les résidents GIR 1-2 sans aide technique, intervention en binôme systématique pour les levers difficiles
Les EHPAD cumulent tous les facteurs de RPS : sous-effectif chronique, confrontation quotidienne aux décès, charge émotionnelle de la fin de vie, manque de reconnaissance. La DREES (2021) révèle que 41 % des soignants présentent des signes de burn-out sévère, avec un absentéisme atteignant 12 % — deux fois la moyenne nationale.
Actions à mener
Groupes de parole réguliers animés par un psychologue clinicien externe (minimum mensuel), cellule de soutien psychologique opérationnelle après les décès ou événements traumatisants, analyse approfondie des causes de l'absentéisme avec plan d'actions correctif sur les effectifs et l'organisation, entretiens individuels réguliers avec le cadre de santé, programme de qualité de vie au travail (QVT) intégré au projet d'établissement, reconnaissance formelle du travail émotionnel dans les fiches de poste
Le personnel est en contact permanent avec les fluides corporels des résidents lors des soins et des toilettes. Les AES surviennent régulièrement lors d'injections ou de pansements ; des BMR (SARM, C.difficile) circulent entre unités ; épidémies de gastro-entérites et infections respiratoires touchent massivement le personnel à chaque vague.
Actions à mener
Formation et actualisation régulière aux précautions standard et complémentaires d'hygiène (précautions contact, gouttelettes, air), dotation systématique en EPI adaptés au niveau de risque (gants nitrile, surblouses imperméables, masques FFP2 pour les soins aérogènes), protocole de conduite à tenir en cas d'AES affiché dans chaque unité de soins, mise à jour des vaccinations obligatoires (hépatite B, grippe, COVID) avec traçabilité dans le dossier RH, signalement et suivi de tous les AES par le médecin du travail
Les résidents atteints de maladies neurodégénératives (Alzheimer, démences) génèrent des comportements agressifs quotidiens envers le personnel : coups, morsures, griffures, insultes. Selon la DREES (2019), 53 % des aides-soignantes en EHPAD déclarent avoir subi une agression physique dans l'année.
Actions à mener
Formation systématique à la méthode de Montessori et aux approches non médicamenteuses des troubles comportementaux, fiche de signalement des incidents d'agression (déclaration AT ou presque-AT), affectation préférentielle en binôme pour les résidents à comportements violents connus, analyse pluridisciplinaire des situations d'agression répétée (psychiatre, psychologue, équipe), soutien psychologique post-agression, signalement systématique à l'ARS des situations les plus graves
Deuxième cause d'accidents du travail en EHPAD, les chutes surviennent principalement dans les salles de bains lors des toilettes (carrelage mouillé) et dans les couloirs lors du déplacement des chariots. Le travail sous pression horaire réduit la vigilance et aggrave le risque.
Actions à mener
Fourniture obligatoire de chaussures professionnelles antidérapantes homologuées à l'ensemble du personnel soignant et hôtelier, installation de revêtements de sol antidérapants dans les salles de bains et les zones à risque, procédure de signalement immédiat de toute flaque d'eau avec signalétique renforcée, organisation du travail réduisant les déplacements en urgence, vérification périodique de l'état des revêtements de sol
Les aides-soignantes et agents de service (ASH) sont exposés quotidiennement à des désinfectants (eau de Javel, ammoniums quaternaires, glutaraldéhyde) et des détergents concentrés, causant dermatites, rhinites et asthmes professionnels reconnus en nette augmentation dans le secteur.
Actions à mener
Substitution des produits les plus dangereux par des alternatives moins nocives (remplacement du glutaraldéhyde par des désinfectants à base de peroxyde d'hydrogène, choix de produits sans CMR), fourniture de gants en nitrile adaptés à chaque type de produit et renouvelés régulièrement, formation des ASH à la lecture des étiquettes et à la dilution correcte des produits concentrés, ventilation renforcée des offices de soins et locaux de nettoyage, surveillance médicale des personnels présentant des symptômes respiratoires ou cutanés
Le taux de mortalité annuel en EHPAD atteint 25 à 30 % des résidents. Les soignants vivent les décès comme un deuil personnel souvent non reconnu, et la confrontation répétée à la souffrance génère une détresse morale chronique spécifique, aggravée par la charge cognitive des soins palliatifs et des relations avec les familles.
Actions à mener
Formation spécifique des soignants à l'accompagnement en soins palliatifs et à la gestion du deuil professionnel (formation SFAP, modules d'éthique clinique), groupe de parole mensuel animé par un psychologue extérieur spécialisé en institutions médico-sociales, temps dédié à chaque décès pour une transmission d'équipe incluant un espace de parole, limitation du nombre d'accompagnements palliatifs simultanés par soignant, reconnaissance formelle du travail émotionnel et de l'expertise relationnelle dans les parcours de formation
Les EHPAD fonctionnent 24h/24. Le travail de nuit chronique multiplie par 1,4 le risque cardiovasculaire, perturbe les rythmes circadiens et génère somnolence et accidents. La nuit, 1 ou 2 soignants assurent la surveillance de 25 à 40 résidents, imposant une vigilance extrême dans des conditions de fatigue.
Actions à mener
Respect strict du ratio minimal de personnels de nuit par rapport au nombre de résidents, rotation équitable des gardes de nuit avec limitation des nuits consécutives, visite médicale de surveillance renforcée pour le personnel travaillant régulièrement de nuit (annuelle minimum), information des soignants sur les risques du travail de nuit et les stratégies de récupération, planification à l'avance des plannings de travail (minimum 4 semaines) pour permettre l'organisation personnelle
Au-delà des résidents, le personnel manipule des charges lourdes : chariots de repas (300-500 kg), sacs de linge souillé, fauteuils roulants électriques, équipements médicaux. Les ASH et le personnel de cuisine sont particulièrement exposés, souvent dans des espaces étroits avec des contraintes posturales importantes.
Actions à mener
Vérification périodique de l'état des roues et du système de freinage des chariots, installation de revêtements de sol permettant la déambulation facile des chariots (pas de tapis, seuils arasés), formation spécifique à la manutention de charges pour les ASH et le personnel de cuisine, limitation du poids des sacs de linge souillé (maximum 10 kg), mise à disposition d'équipements de manutention adaptés (transpalette pour les gros approvisionnements)
Les grands réseaux d'eau chaude des EHPAD favorisent le développement de Legionella (25-50°C). Le personnel de maintenance et le personnel soignant utilisant des douches peu fréquentées sont exposés lors des interventions sur les réseaux et du nettoyage des pommes de douche.
Actions à mener
Maintien de la température de l'eau chaude sanitaire au-dessus de 55°C en tous points du réseau (obligation réglementaire), contrôles bactériologiques réguliers selon le plan de surveillance (analyse Legionella tous les trimestres minimum), chasse des points d'eau peu utilisés hebdomadairement (protocole de purge documenté), fourniture de masques FFP2 et de lunettes de protection lors des interventions de maintenance sur le réseau d'eau, formation du personnel de maintenance aux risques légionellose
Consultez notre liste complète des risques professionnels pour approfondir chaque catégorie de risque.
Comment rédiger un DUERP EHPAD-Maison de retraite en 5 étapes
Rédiger un DUERP pour votre EHPAD présente des spécificités importantes par rapport aux établissements de services classiques : la présence continue de résidents 24h/24 et 365 jours par an, la multiplicité des métiers exercés (soins, hôtellerie, animation, cuisine, technique) et le niveau élevé de dépendance des résidents font du DUERP en EHPAD un document particulièrement complexe. Voici la méthode en 5 étapes adaptée aux EHPAD, maisons de retraite et unités de soins de longue durée.
Cartographier les unités de travail et les métiers de l'établissement
Identifiez chaque unité de travail (chambres, salle de soins, cuisine, buanderie, administration) et associez vos cadres de santé et représentants du CSE à cette cartographie dès le départ.
Inventorier les risques spécifiques à chaque unité de travail
Visitez chaque unité avec le cadre de santé pour observer les équipements, l'organisation du travail et recueillir les témoignages des soignants sur les situations à risque du quotidien.
Évaluer chaque risque (gravité × fréquence)
Cotez la gravité (1 à 4) et la fréquence (1 à 4) de chaque danger pour obtenir le niveau de risque ; dans un EHPAD, TMS, risque biologique et RPS obtiennent systématiquement un score critique de 16.
Définir les mesures de prévention adaptées à chaque risque
Appliquez la hiérarchie du Code du travail : supprimer le danger, réduire le risque, protéger collectivement puis individuellement, puis former — en documentant les mesures existantes et les actions à planifier avec responsable et délai.
Formaliser le PAPRIPACT et assurer le suivi annuel
Pour les EHPAD de 50+ salariés, rédigez le PAPRIPACT issu du DUERP, présentez-le au CSE, conservez chaque version 40 ans et programmez la révision annuelle ou après tout accident grave.
Notre logiciel automatise ces 5 étapes en posant les bonnes questions adaptées au secteur ehpad-maison de retraite. Vous répondez, on génère votre DUERP conforme.
Besoin d'aide ? Lire notre guide de rédaction complet
Les unités de travail à évaluer dans votre EHPAD-Maison de retraite
Dans un EHPAD, les unités de travail correspondent aux différentes zones de l'établissement, chacune avec des populations soignantes et des risques spécifiques. Il est indispensable d'évaluer séparément les chambres des résidents (TMS, agression), la salle de soins (biologique, chimique), les espaces communs et de restauration, la cuisine collective, la buanderie et les espaces techniques. Voici les 6 unités de travail types à documenter dans votre DUERP EHPAD.
Chambres résidents et couloirs d'unité
2 à 4 aides-soignantes par unité le matin, 1 à 2 la nuit
Cœur de l'activité soignante regroupant lever, toilette, change, soins infirmiers au lit et accompagnement. Concentration maximale des risques TMS, agression des résidents désorientés, risque biologique et chutes sur sols mouillés.
Salle de soins infirmiers
1 à 2 infirmières par unité selon la taille
Zone de préparation et de réalisation des soins techniques (injections, pansements, médicaments) avec risque biologique majeur (AES, BMR), risque chimique lié aux désinfectants et risque de chutes sur sols mouillés.
Salle commune et restaurant
2 à 4 aides-soignantes + animateur lors des repas
Espaces collectifs dédiés aux repas et aux animations, avec déplacements de résidents en fauteuil, service des plats et risque d'agitation collective lors des repas.
Cuisine collective
2 à 5 cuisiniers et aides de cuisine
Préparation des repas en textures adaptées avec fours, friteuses et machines de plonge industriels. Les risques classiques de la restauration collective sont amplifiés par les volumes traités.
Buanderie et lingerie
1 à 3 agents de lingerie selon la taille
Collecte, lavage, séchage, repassage et distribution du linge avec manipulation de linge souillé (risque biologique), exposition à la chaleur, manutention de charges lourdes et produits lessiviers.
Espaces techniques et de maintenance
1 à 2 agents techniques ou prestataires
Interventions sur équipements, réseaux d'eau et électricité, locaux de chaufferie et stockage technique. Risques spécifiques liés à la maintenance des réseaux d'eau chaude (légionellose) et aux installations électriques.
Qu'est-ce qu'une unité de travail ?
Une unité de travail désigne un groupe de salariés exposés aux mêmes risques dans un même lieu ou une même situation de travail. Elle peut correspondre à un poste de travail, un atelier, un service ou un lieu géographique. L'identification des unités de travail est la première étape de l'évaluation des risques dans le DUERP.
Réglementation DUERP spécifique au secteur EHPAD-Maison de retraite
Les EHPAD sont soumis à un cadre réglementaire dense qui combine les obligations générales du Code du travail en matière de santé et sécurité, des textes spécifiques au secteur médico-social (Code de l'action sociale et des familles), les conventions collectives applicables (FEHAP IDCC 29, fonction publique hospitalière, ou CCN Nexem selon le statut de l'établissement), et les recommandations de l'INRS et de la HAS pour les bonnes pratiques de prévention.
Code du travail — Obligations générales de sécurité et DUERP
Articles L4121-1 à L4121-5 et R4121-1 à R4121-4 du Code du travailL'employeur doit évaluer tous les risques, élaborer le DUERP, définir des mesures de prévention et former les salariés — ces obligations s'appliquent à tous les EHPAD. L'absence ou la carence du DUERP peut constituer une faute inexcusable en cas d'accident grave.
Consulter le texte officielConvention Collective Nationale FEHAP — IDCC 29
CCN du 31 octobre 1951 des établissements privés d'hospitalisation, de soins, de cure et de garde à but non lucratif — IDCC 29 / Brochure 3198S'applique aux EHPAD associatifs (Croix Rouge, fondations, etc.) et encadre les classifications, salaires, temps de travail, nuits et week-ends, prévoyance et dispositions spécifiques pour les personnels exposés à des risques particuliers.
Consulter le texte officielCode de l'action sociale et des familles — Autorisation et qualité
Articles L311-4 et suivants du Code de l'action sociale et des familles (CASF)Encadre les conditions d'autorisation et de fonctionnement des EHPAD, imposant un projet d'établissement incluant un volet conditions de travail. Les contrôles ARS portent notamment sur la sécurité du personnel, en lien avec la qualité des soins.
Consulter le texte officielDécret manutentions manuelles de charges et de personnes
Articles R4541-1 à R4541-11 du Code du travail + Recommandation CNAM R497L'employeur doit réduire au maximum la manutention manuelle et fournir les équipements d'aide nécessaires — la formation aux gestes et postures ne suffit pas sans équipements adaptés. La Recommandation R497 définit les bonnes pratiques sectorielles pour la prévention des TMS dans les soins à la personne.
Consulter le texte officielRéglementation légionellose dans les établissements recevant du public
Circulaire DGS/SD7A/SD5C-DHOS/E4 n° 2002-243 du 22 avril 2002 + Arrêté du 1er février 2010Impose aux EHPAD un plan de surveillance des réseaux d'eau, des analyses bactériologiques régulières, la tenue d'un carnet sanitaire et des mesures correctives immédiates en cas de dépassement des valeurs seuils.
Consulter le texte officielLoi Santé au travail du 2 août 2021
Loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 — réforme de la médecine et de la prévention au travailRend obligatoire la conservation du DUERP pendant 40 ans et son dépôt dématérialisé, crée le passeport de prévention individuel et renforce les obligations de prévention des RPS — particulièrement impactant pour les EHPAD.
Consulter le texte officielOrganismes de référence
INRS
Institut National de Recherche et de Sécurité
CARSAT
Caisse d'Assurance Retraite et Santé au Travail
Médecine du travail
Service de santé au travail interentreprises
Inspection du travail
Direction régionale (DREETS)
Mesures de prévention incontournables en EHPAD-Maison de retraite
La prévention des risques en EHPAD nécessite une approche globale et coordonnée entre la direction, les cadres de santé, les équipes soignantes et les représentants du personnel. Face à l'intensité et à la multiplicité des risques, une hiérarchisation rigoureuse des priorités s'impose : les TMS, les RPS/burn-out et le risque biologique doivent être traités en premier. Des financements spécifiques (contrats de prévention CARSAT, FIPU) sont disponibles pour les EHPAD engagés dans une démarche structurée.
Prévention des TMS et manutentions de résidents
4 mesures
Évaluation ergonomique de chaque résident à l'admission
Priorité hauteÉvaluer systématiquement les besoins de manutention de chaque résident à l'admission (niveau GIR, capacités motrices, architecture de la chambre) pour prescrire les équipements adaptés et dimensionner le personnel. Cette évaluation doit être actualisée à chaque changement significatif de l'état du résident.
Équipement systématique en aides techniques à la manutention
Priorité hauteDoter chaque chambre GIR 1-2 d'un système de manutention adapté (rail plafond, lève-personne mobile, verticalisateur, disque de transfert) afin de supprimer totalement le transfert manuel pour les résidents les plus dépendants. Le financement peut être partiellement pris en charge par la CARSAT via les contrats de prévention.
Formation à la démarche ALM (Accompagner la Mobilité)
Priorité hauteFormer l'ensemble du personnel soignant à la démarche ALM de l'INRS, qui préserve les capacités motrices résiduelles du résident tout en protégeant la santé du soignant. Cette approche va au-delà des gestes et postures classiques en intégrant la relation de soin et la mobilisation des capacités résiduelles.
Travail en binôme pour les soins lourds
Priorité hauteDéfinir formellement les situations nécessitant obligatoirement une intervention en binôme (levers GIR 1-2 sans rail, relevés de chute, soins sur résidents obèses ou très agités) et planifier ces binômes dans l'organisation quotidienne des soins, sans les laisser dépendre de la disponibilité du moment.
Prévention des RPS et soutien aux soignants
4 mesures
Groupes de parole réguliers animés par un psychologue
Priorité hauteInstaurer des groupes de parole mensuels par unité de vie, animés par un psychologue clinicien externe pour garantir la liberté de parole. Ils constituent la mesure de prévention des RPS la plus efficace en EHPAD selon l'ANACT.
Cellule de soutien post-événement traumatisant
Priorité hauteMettre en place une procédure d'accompagnement psychologique systématique après tout événement traumatisant (décès brutal, agression sérieuse, accident grave), activable en moins de 48 heures via un prestataire externe contractualisé.
Analyse des causes de l'absentéisme et plan d'actions
Priorité hauteAnalyser trimestriellement les données d'absentéisme par unité pour identifier les signaux d'alerte RPS, puis construire un plan d'actions sur les causes profondes : surcharge de travail, relations avec l'encadrement, conditions matérielles.
Programme de Qualité de Vie au Travail (QVT) intégré au CPOM
Priorité moyenneInscrire les engagements de prévention des RPS dans le CPOM signé avec l'ARS et le Conseil Départemental, avec des indicateurs mesurables (taux d'absentéisme, taux de rotation, résultats enquêtes soignants) pour pérenniser les actions.
Prévention du risque biologique
4 mesures
Précautions standard et complémentaires d'hygiène
Priorité hauteFormer et actualiser régulièrement le personnel soignant aux précautions standard (lavage des mains, gants, masques, surblouses) et aux précautions complémentaires selon les situations d'isolement. Vérifier la disponibilité effective des EPI dans chaque chambre et en salle de soins.
Conduite à tenir en cas d'AES — Formation et affichage
Priorité hauteFormer tout le personnel soignant à la conduite à tenir en cas d'AES (rinçage eau-savon 5 min, antiseptique, orientation urgences dans les 4 heures) et afficher le protocole en salle de soins. Déclarer systématiquement chaque AES en accident du travail.
Vaccinations obligatoires et recommandées du personnel
Priorité hauteS'assurer que l'ensemble du personnel soignant est à jour des vaccinations obligatoires (hépatite B, DTP, BCG) et faciliter les vaccinations recommandées (grippe, COVID-19). Tenir à jour le registre des vaccinations dans le dossier RH en lien avec le médecin du travail.
Surveillance et contrôle du risque légionellose
Priorité hauteMaintenir l'eau chaude au-dessus de 55°C (relevés mensuels documentés), effectuer des analyses bactériologiques trimestrielles, purger hebdomadairement les points d'eau peu utilisés et entretenir régulièrement les pommes de douche. Tenir à jour le carnet sanitaire de l'établissement.
Prévention des chutes du personnel et ergonomie
3 mesures
Fourniture de chaussures professionnelles antidérapantes
Priorité hauteFournir gratuitement à tout le personnel soignant et hôtelier des chaussures antidérapantes certifiées, renouvelées au minimum une fois par an. Cette mesure simple (40-80 € par paire) réduit significativement le risque de chute sur sols mouillés.
Revêtements de sol antidérapants dans les zones humides
Priorité hauteLors des rénovations, privilégier des matériaux antidérapants conformes aux normes NF EN 13845 dans les salles de bains, offices de soins et buanderie. En attendant, installer des caillebotis dans les zones les plus à risque et vérifier l'état des revêtements existants.
Organisation du travail réduisant les déplacements sous pression
Priorité moyenneOptimiser les tournées de soins pour réduire les déplacements rapides, positionner les chariots de soins au plus près des chambres et prévoir des temps d'actes réalistes afin d'éviter que les soignants ne soient contraints de courir.
Rappel : hiérarchie de prévention (Code du travail)
- 1Supprimer le danger à la source (substitution de produits, suppression du poste dangereux)
- 2Réduire le risque par des moyens techniques (ventilation, revêtement antidérapant)
- 3Protéger les travailleurs par des EPI (gants, chaussures de sécurité)
- 4Former et informer les salariés (gestes et postures, sécurité incendie)
DUERP EHPAD-Maison de retraite : Word/Excel vs logiciel spécialisé
Créer un DUERP pour votre EHPAD peut se faire manuellement ou avec une solution logicielle spécialisée. Compte tenu de la complexité du secteur médico-social — multiplicité des métiers, diversité des risques, obligations réglementaires spécifiques — le choix d'un outil adapté est particulièrement important.
Temps de rédaction
5 à 10 jours de travail pour un EHPAD standard
Word/Excel
Moins de 30 minutes (risques EHPAD pré-identifiés)
Notre logiciel
Prise en compte des risques spécifiques EHPAD
Nécessite une expertise approfondie du secteur médico-social
Word/Excel
Risques TMS, RPS, biologique, agression, légionellose pré-remplis
Notre logiciel
Conformité réglementaire (CCN FEHAP, Code du travail, CASF)
Sans garantie — risque de lacunes réglementaires
Word/Excel
100% conforme aux obligations légales sectorielles
Notre logiciel
Génération du PAPRIPACT (obligatoire 50+ salariés)
Document séparé à créer manuellement en cohérence avec le DUERP
Word/Excel
PAPRIPACT généré automatiquement à partir du DUERP
Notre logiciel
Conservation 40 ans des versions successives
À la charge de l'établissement (risque de perte ou de dégradation)
Word/Excel
Archivage sécurisé automatique de chaque version datée
Notre logiciel
Acceptation par l'ARS lors des inspections
Format variable, risque de non-conformité formelle
Word/Excel
Format professionnel standardisé, accepté lors des contrôles réglementaires
Notre logiciel
Questions fréquentes sur le DUERP en EHPAD-Maison de retraite
Retrouvez les réponses aux 10 questions les plus posées sur le Document Unique en ehpad-maison de retraite.
D'autres questions ? Consultez notre FAQ complète sur le DUERP.
DUERP pour les métiers connexes
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