DUERP Industrie : risques, obligations et prévention
Le secteur industriel concentre les risques professionnels les plus variés et les plus graves : machines dangereuses, exposition chimique, bruit, manutention et travail en environnement contraint. Un DUERP industrie complet est indispensable pour protéger vos opérateurs.
Tout savoir sur le DUERP en Industrie
Vous dirigez une entreprise industrielle — usinage, métallurgie, plasturgie, agroalimentaire ou assemblage ? Le DUERP est obligatoire dès le 1er salarié (art. R4121-1 du Code du travail). L'industrie emploie 3,2 millions de salariés dans 240 000 établissements et cumule des risques multiples : machines dangereuses, agents chimiques CMR, bruit intense, TMS, ATEX et RPS liés au travail posté. La CNAM recense plus de 98 000 accidents avec arrêt par an (taux de fréquence 28,4 — le double de la moyenne nationale). Les TMS représentent 82 % des maladies professionnelles (42 000 cas/an). Notre plateforme génère votre DUERP Industrie conforme en quelques minutes, avec risques pré-identifiés par poste (opérateur, soudeur, cariste, maintenance) selon les référentiels INRS et CARSAT, prêt pour l'inspection du travail ou un audit ISO 45001.
DUERP Industrie — En bref
Vue d'ensemble des points clés de cette page
Le DUERP en Industrie : une obligation légale depuis 2001
Le Document Unique est obligatoire pour tout employeur dès le premier salarié, conformément aux articles R4121-1 et suivants du Code du travail.
Document Unique obligatoire dès le 1er salarié
Toute entreprise industrielle doit élaborer un DUERP dès le premier salarié, sans seuil d'effectif. Il doit couvrir tous les risques des ateliers, zones de stockage, quais et bureaux, et proposer un plan d'actions de prévention adapté.
Amende de 1 500 € (contravention de 5e classe), portée à 3 000 € en cas de récidive. En cas d'accident du travail grave ou mortel en l'absence de DUERP, le chef d'entreprise engage sa responsabilité pénale pour faute inexcusable, pouvant entraîner jusqu'à 75 000 € d'amende et 5 ans d'emprisonnement. En cas d'exposition non évaluée à des agents CMR, des sanctions administratives et pénales supplémentaires s'appliquent.
Mise à jour annuelle et après tout changement significatif
Les entreprises de 11 salariés et plus doivent mettre à jour le DUERP au minimum une fois par an. Une mise à jour est également obligatoire après tout changement significatif : nouvelle machine, nouveau produit chimique, modification de cadence ou accident grave.
Conservation obligatoire pendant 40 ans
La loi Santé au Travail du 2 août 2021 impose de conserver chaque version du DUERP pendant 40 ans, en raison des maladies professionnelles à longue latence dans l'industrie (cancers CMR, surdité, pneumoconioses).
Évaluation et suivi des expositions aux agents chimiques CMR
L'employeur doit évaluer l'exposition de chaque salarié aux agents CMR (huiles de coupe, solvants, fumées de soudage, poussières de bois durs), appliquer la substitution quand c'est possible, et tenir une fiche d'exposition individuelle avec surveillance médicale renforcée.
Vérification périodique obligatoire des machines et équipements
Machines industrielles, équipements de levage, installations électriques et équipements sous pression sont soumis à des vérifications périodiques obligatoires. Les résultats sont consignés dans le registre de sécurité et les anomalies corrigées avant remise en service.
Consultation obligatoire du CSE et programme annuel de prévention
Le DUERP doit être présenté au CSE dès 11 salariés. Les entreprises de 50 salariés et plus doivent établir annuellement un PAPRIPACT fixant les actions prioritaires, responsables, budgets et délais, notamment pour les CMR et les TMS.
Évolution de la réglementation
Décret n° 2001-1016 du 5 novembre 2001 : création de l'obligation du Document Unique d'évaluation des risques professionnels pour toutes les entreprises, y compris industrielles
Transposition de la directive ATEX 1999/92/CE : obligation de classer les zones à atmosphère explosive potentielle dans les établissements industriels utilisant des solvants, gaz ou poussières combustibles
Renforcement de la réglementation sur les agents chimiques CMR : obligation d'évaluation renforcée, de substitution et de surveillance médicale spécifique pour les opérateurs exposés aux huiles de coupe, fumées de soudage et solvants
Compte Professionnel de Prévention (C2P) : les salariés de l'industrie exposés à des facteurs de pénibilité (bruit ≥ 81 dB(A), travail en horaires décalés, port de charges lourdes, vibrations) accumulent des points permettant des droits à formation, temps partiel ou retraite anticipée
Loi Santé au Travail du 2 août 2021 : conservation 40 ans du DUERP, dépôt dématérialisé progressif, renforcement du suivi individuel renforcé pour les exposés aux risques chimiques et au bruit
Déploiement du portail numérique de dépôt obligatoire du DUERP selon la taille d'entreprise ; intégration du risque chaleur (décret chaleur 2026) pour les ateliers non climatisés ; renforcement de la réglementation sur les nanomatériaux
Pour en savoir plus sur vos obligations, consultez notre guide complet sur l'obligation du DUERP.
Les 10 risques professionnels majeurs en Industrie
Tableau interactif des risques évalués par gravité et fréquence d'exposition. Cliquez sur les en-têtes pour trier.
| Risque | Situations | Actions à mener | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Réglage ou changement d'outil sur tour ou fraiseuse sans consignation préalable, travail sur presses sans protecteur, maintenance sur machines en marche, opérations manuelles à proximité de robots industriels. | Très élevée4/4 | Quotidienne4/4 | Critique16/16 | Auditer la conformité des machines à la directive Machines 2006/42/CE, mettre en place la procédure LOTO pour toutes les opérations de maintenance, installer des barrières immatérielles sur les presses non conformes, former les opérateurs à la consignation et enregistrer les vérifications périodiques dans le registre de sécurité. | |
| Usinage avec lubrifiants-réfrigérants générant des brouillards d'huile, soudage MIG/MAG en atelier fermé, dégraissage manuel avec solvants, traitement de surface par bains acides, application de peintures ou revêtements. | Très élevée4/4 | Quotidienne4/4 | Critique16/16 | Constituer un inventaire exhaustif des produits chimiques et tenir les FDS à jour, évaluer les risques CMR et établir une fiche d'exposition individuelle pour chaque travailleur exposé, appliquer la démarche de substitution, équiper les postes de soudage de capteurs de fumées à la source, organiser une surveillance médicale renforcée semestrielle pour les exposés aux CMR. | |
| Travail en zone de production avec presses mécaniques, utilisation de soufflettes d'air comprimé, travail sur chaînes d'assemblage bruyantes, maintenance sur compresseurs, travail dans des locaux à forte réverbération. | Élevée3/4 | 5/4 | Critique15/16 | Faire réaliser des mesures d'exposition au bruit par poste (L_EX,8h), établir une cartographie acoustique, traiter prioritairement les équipements les plus bruyants à la source, rendre le port de la protection auditive obligatoire au-delà de 85 dB(A) et mettre en place un suivi audiométrique annuel. | |
| Travail sur chaîne de montage avec gestes répétitifs à cadence élevée, manutention manuelle de pièces supérieures à 15 kg, station debout prolongée avec flexions répétées, alimentation manuelle de machines en flux continu. | Élevée3/4 | 5/4 | Critique15/16 | Réaliser une analyse ergonomique des postes à risque (méthode OCRA ou TMS-Pros INRS) en associant les opérateurs, mécaniser les manutentions répétitives, réduire les cadences contraintes, organiser des rotations de postes et mettre en place un suivi médical renforcé dès les premiers signaux TMS. | |
| Déplacement dans des allées souillées d'huiles ou de copeaux, accès aux machines en hauteur pour réglage ou maintenance, travail sur plateformes et mezzanines sans garde-corps suffisants, utilisation d'échelles portables. | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Cartographier les zones à risque de glissance et appliquer un revêtement antidérapant, instaurer un protocole de nettoyage immédiat des déversements d'huile, installer des garde-corps réglementaires sur toutes les mezzanines et plateformes, remplacer les échelles portables par des plateformes conformes pour les travaux de maintenance en hauteur. | |
| Stockage de solvants et produits inflammables en atelier, usinage de métaux légers générant des copeaux pyrophoriques, travaux de soudage à proximité de produits inflammables, stations de dégraissage par solvants. | Très élevée4/4 | Fréquente3/4 | Critique12/16 | Faire réaliser le classement des zones ATEX par un organisme compétent et l'intégrer au DUERP, sélectionner des équipements conformes aux niveaux de protection requis (marquage Ex), rédiger le DRPCE, mettre en place une aspiration des copeaux de métaux légers à la source et tester les détecteurs de gaz et d'incendie semestriellement. | |
| Interventions de maintenance électrique sur machines en production, dépannage sur armoires électriques sous tension, recharge de batteries de chariots élévateurs, travaux dans des locaux électriques (TGBT, armoires de distribution). | Très élevée4/4 | Fréquente3/4 | Critique12/16 | Vérifier et tenir à jour les habilitations électriques de tous les intervenants, mettre en place la procédure de consignation électrique (LOTO), faire vérifier l'installation générale par un organisme agréé selon la périodicité réglementaire et équiper les électriciens d'EPI adaptés (gants isolants, écran facial anti-arc). | |
| Usinage à sec de plastiques ou composites, meulage et ponçage de métaux en atelier fermé, découpe de matériaux contenant des fibres minérales, ponçage de pièces en bois dur, sablage et grenaillage. | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Réaliser des mesures d'empoussièrement par poste pour comparer aux VLEP réglementaires, équiper en priorité les machines les plus émissives d'une aspiration intégrée à la source (NF EN 12779), identifier les poussières classées CMR, mettre en œuvre la procédure spécifique (fiche d'exposition, SMR) et remplacer les masques FFP2 par des FFP3 pour les poussières cancérogènes. | |
| Utilisation prolongée de meuleuses, riveteuses pneumatiques ou marteaux-burineurs, conduite de chariots élévateurs sur sols industriels non réguliers, travail sur machines transmettant des vibrations via les poignées ou le bâti. | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Évaluer les niveaux d'exposition VMB (EN ISO 5349) et VCE (EN ISO 2631) par poste, tenir un registre des outils vibrants avec leurs niveaux certifiés, planifier la rotation des opérateurs exposés (max 4 h/jour au-dessus de 2,5 m/s²), inspecter les amortisseurs de sièges de chariots et organiser la surveillance médicale spécifique. | |
| Travail en 3x8 ou de nuit avec perturbation du rythme circadien, lignes de production à cadence imposée par convoyeur ou automate, pression managériale liée au TRS, montées en cadence intensives lors de lancement de nouveaux produits. | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Intégrer l'évaluation des RPS dans le DUERP avec des indicateurs objectifs (absentéisme, turn-over, questionnaire KARASEK), diversifier les tâches, associer les opérateurs aux décisions d'organisation, former les managers de proximité à la détection des signaux de détresse et mettre en place un dispositif d'écoute psychologique accessible à tous. |
Les machines-outils (presses, tours, fraiseuses, robots) sont impliquées dans 15 % des accidents graves de l'industrie, avec des risques d'écrasement, happement et projection — la métallurgie seule concentre plus de 28 000 accidents annuels liés aux équipements selon l'INRS.
Actions à mener
Auditer la conformité des machines à la directive Machines 2006/42/CE, mettre en place la procédure LOTO pour toutes les opérations de maintenance, installer des barrières immatérielles sur les presses non conformes, former les opérateurs à la consignation et enregistrer les vérifications périodiques dans le registre de sécurité.
Plus de 1,5 million de salariés industriels sont exposés quotidiennement à des agents chimiques dont au moins un est classé CMR : huiles de coupe (CMR 1B), solvants de dégraissage, fumées de soudage contenant du chrome hexavalent et du nickel (cancérogènes groupe 1 CIRC).
Actions à mener
Constituer un inventaire exhaustif des produits chimiques et tenir les FDS à jour, évaluer les risques CMR et établir une fiche d'exposition individuelle pour chaque travailleur exposé, appliquer la démarche de substitution, équiper les postes de soudage de capteurs de fumées à la source, organiser une surveillance médicale renforcée semestrielle pour les exposés aux CMR.
L'industrie est l'un des secteurs les plus bruyants : presses (95-110 dB(A)), soufflettes (110-120 dB(A)), chaînes d'emboutissage (95-115 dB(A)). La surdité professionnelle est la deuxième maladie professionnelle dans l'industrie, avec plus de 8 000 cas indemnisés par an (CNAM).
Actions à mener
Faire réaliser des mesures d'exposition au bruit par poste (L_EX,8h), établir une cartographie acoustique, traiter prioritairement les équipements les plus bruyants à la source, rendre le port de la protection auditive obligatoire au-delà de 85 dB(A) et mettre en place un suivi audiométrique annuel.
Les TMS représentent 82 % des maladies professionnelles dans l'industrie (42 000 cas/an, CNAM), causés par les gestes répétitifs en ligne d'assemblage, les cadences soutenues, les postures contraignantes et les manutentions fréquentes — coût estimé à plus de 500 millions d'euros annuels en cotisations AT/MP.
Actions à mener
Réaliser une analyse ergonomique des postes à risque (méthode OCRA ou TMS-Pros INRS) en associant les opérateurs, mécaniser les manutentions répétitives, réduire les cadences contraintes, organiser des rotations de postes et mettre en place un suivi médical renforcé dès les premiers signaux TMS.
Les chutes de plain-pied sont la première cause d'accidents avec arrêt dans l'industrie, favorisées par des sols souillés d'huiles et de copeaux. Les chutes de hauteur touchent principalement la maintenance. Les chutes représentent 22 % de tous les accidents industriels avec arrêt (INRS).
Actions à mener
Cartographier les zones à risque de glissance et appliquer un revêtement antidérapant, instaurer un protocole de nettoyage immédiat des déversements d'huile, installer des garde-corps réglementaires sur toutes les mezzanines et plateformes, remplacer les échelles portables par des plateformes conformes pour les travaux de maintenance en hauteur.
Les solvants inflammables, poussières de métaux légers (aluminium, magnésium) et gaz combustibles peuvent former des atmosphères explosives. La CNAM recense plus de 1 800 accidents graves liés aux incendies et explosions dans l'industrie chaque année.
Actions à mener
Faire réaliser le classement des zones ATEX par un organisme compétent et l'intégrer au DUERP, sélectionner des équipements conformes aux niveaux de protection requis (marquage Ex), rédiger le DRPCE, mettre en place une aspiration des copeaux de métaux légers à la source et tester les détecteurs de gaz et d'incendie semestriellement.
Les établissements industriels concentrent de nombreux équipements électriques à haute puissance. La maintenance sous tension est responsable d'environ 180 accidents graves et 10 à 15 décès par an en France (INRS).
Actions à mener
Vérifier et tenir à jour les habilitations électriques de tous les intervenants, mettre en place la procédure de consignation électrique (LOTO), faire vérifier l'installation générale par un organisme agréé selon la périodicité réglementaire et équiper les électriciens d'EPI adaptés (gants isolants, écran facial anti-arc).
L'industrie génère des poussières de métaux (chrome, nickel, plomb), de bois durs (cancérogènes avérées, tableau MP 47), de plastiques et d'isolants, toutes soumises à des VLEP réglementaires. La silicose demeure fréquente en fonderie et travail de la pierre.
Actions à mener
Réaliser des mesures d'empoussièrement par poste pour comparer aux VLEP réglementaires, équiper en priorité les machines les plus émissives d'une aspiration intégrée à la source (NF EN 12779), identifier les poussières classées CMR, mettre en œuvre la procédure spécifique (fiche d'exposition, SMR) et remplacer les masques FFP2 par des FFP3 pour les poussières cancérogènes.
Plus de 600 000 salariés industriels sont exposés à des vibrations au-dessus des valeurs d'action réglementaires (INRS) : vibrations main-bras (meuleuses, riveteuses — syndrome de Raynaud, tableau MP 69) et vibrations corps entier (chariots élévateurs — lombalgies chroniques).
Actions à mener
Évaluer les niveaux d'exposition VMB (EN ISO 5349) et VCE (EN ISO 2631) par poste, tenir un registre des outils vibrants avec leurs niveaux certifiés, planifier la rotation des opérateurs exposés (max 4 h/jour au-dessus de 2,5 m/s²), inspecter les amortisseurs de sièges de chariots et organiser la surveillance médicale spécifique.
42 % des salariés industriels déclarent subir des contraintes de rythme imposées par la machine (contre 28 % en moyenne nationale, enquête SUMER/DARES). Le travail en 3x8, les cadences contraintes et les horaires décalés génèrent troubles du sommeil, fatigue chronique et risques cardiovasculaires documentés.
Actions à mener
Intégrer l'évaluation des RPS dans le DUERP avec des indicateurs objectifs (absentéisme, turn-over, questionnaire KARASEK), diversifier les tâches, associer les opérateurs aux décisions d'organisation, former les managers de proximité à la détection des signaux de détresse et mettre en place un dispositif d'écoute psychologique accessible à tous.
Consultez notre liste complète des risques professionnels pour approfondir chaque catégorie de risque.
Comment rédiger un DUERP Industrie en 5 étapes
Le DUERP d'une entreprise industrielle présente des spécificités importantes par rapport à d'autres secteurs : la multiplicité et la simultanéité des risques sur un même poste, les expositions chroniques à des agents chimiques CMR, les obligations réglementaires spécifiques (ATEX, vérifications périodiques des machines) et les facteurs de pénibilité ouvrant droit au Compte Professionnel de Prévention. Voici comment structurer votre évaluation des risques en 5 étapes adaptées aux réalités d'un atelier de production.
Cartographier les unités de travail de l'établissement
Listez chaque poste (opérateur machine, soudeur, cariste) et zone (atelier, magasin, quai) aux risques homogènes. Intégrez les rotations, la polyvalence, les flux piétons/engins et les zones ATEX potentielles dès cette première étape.
Recenser les risques par unité de travail
Consultez les FDS des produits chimiques, les notices des machines et les registres d'accidents. Interrogez les opérateurs et utilisez les fiches métier INRS pour ne pas omettre les risques moins visibles (vibrations, poussières fines, RPS liés aux cadences).
Évaluer la gravité et la probabilité de chaque risque
Cotez chaque risque en tenant compte des mesures déjà en place. Pour les risques à effets différés (bruit, CMR, vibrations), cotez la gravité au maximum même si la manifestation immédiate est peu probable.
Définir le plan d'actions de prévention
Respectez la hiérarchie des 9 principes de prévention : supprimer, réduire à la source, protections collectives, puis EPI en dernier recours. Affectez chaque action à un responsable avec délai, budget et seuils C2P documentés.
Formaliser, diffuser et actualiser le DUERP
Rendez le DUERP accessible à tous les salariés, au CSE, au médecin du travail et aux organismes de contrôle. Mettez-le à jour après tout accident, nouvelle machine ou nouveau produit chimique, et au minimum annuellement pour les entreprises de 11 salariés et plus.
Notre logiciel automatise ces 5 étapes en posant les bonnes questions adaptées au secteur industrie. Vous répondez, on génère votre DUERP conforme.
Besoin d'aide ? Lire notre guide de rédaction complet
Les unités de travail à évaluer dans votre Industrie
Dans une entreprise industrielle, les unités de travail correspondent aux postes et aux zones de l'établissement où les travailleurs sont exposés à des risques homogènes. Cette découpe est essentielle car un même salarié peut être exposé à des risques très différents selon son poste, la zone où il travaille et les équipes dans lesquelles il est affecté (travail posté).
Atelier de production — zone machines-outils
5-20 opérateurs
Zone la plus dense en risques de l'établissement industriel : les opérateurs y sont exposés simultanément aux risques mécaniques (parties mobiles, projections), aux agents chimiques CMR (huiles de coupe, brouillards), au bruit intense, aux vibrations et aux postures contraignantes.
Zone soudage et découpe thermique
2-8 soudeurs
Les postes de soudage concentrent les risques chimiques les plus graves : fumées contenant des cancérogènes avérés (chrome hexavalent, nickel, manganèse), rayonnements UV/IR, projections incandescentes et bruit dépassant régulièrement 95 dB(A) lors des opérations de découpe plasma.
Magasin et zone de stockage
2-6 magasiniers
Risques spécifiques liés au stockage en hauteur (racks, palettiers), à la circulation de chariots élévateurs et au stockage de produits chimiques inflammables pouvant déclencher les seuils ICPE.
Quai de réception et d'expédition
1-4 personnes
Zone à risques à l'interface intérieur/extérieur : chutes du quai (dénivellation 1 à 1,5 m), collision avec camions en manœuvre, manutentions lourdes et présence de chauffeurs extérieurs non formés aux règles de sécurité du site.
Bureau qualité, méthodes et administration
2-10 personnes
Personnel exposé aux TMS liés aux écrans, à la fatigue visuelle, aux RPS (pression des délais, flux tendu) et aux risques routiers lors des déplacements. Les techniciens qualité sont également exposés ponctuellement aux risques de l'atelier.
Maintenance et entretien industriel
1-6 techniciens
Service statistiquement le plus accidenté de l'industrie : interventions sur machines en production, travaux électriques sous tension, travaux en hauteur, manipulation de produits chimiques et risques multiples simultanés lors des opérations de réparation.
Qu'est-ce qu'une unité de travail ?
Une unité de travail désigne un groupe de salariés exposés aux mêmes risques dans un même lieu ou une même situation de travail. Elle peut correspondre à un poste de travail, un atelier, un service ou un lieu géographique. L'identification des unités de travail est la première étape de l'évaluation des risques dans le DUERP.
Réglementation DUERP spécifique au secteur Industrie
L'industrie manufacturière est soumise à un cadre réglementaire dense en matière de santé et sécurité au travail, allant du Code du travail aux réglementations spécifiques sur les machines, les produits chimiques, les atmosphères explosives et la pénibilité. La connaissance de ces textes est indispensable pour élaborer un DUERP conforme et une politique de prévention efficace.
Code du travail — Évaluation des risques et obligations générales
Articles R4121-1 à R4121-4 et L4121-1 à L4121-5 du Code du travailCes articles fondent l'obligation d'évaluation des risques et d'élaboration du DUERP dès le premier salarié. L'article L4121-2 définit la hiérarchie des 9 principes généraux de prévention que tout employeur industriel doit respecter.
Consulter le texte officielDirective Machines et mise sur le marché
Directive 2006/42/CE — Articles R4311-1 à R4314-7 du Code du travailToute machine mise sur le marché après 1995 doit être conforme à la directive Machines, accompagnée d'une déclaration CE de conformité et d'une notice en français. Pour les machines plus anciennes, l'employeur doit les mettre en conformité avec l'arrêté du 5 mars 1993.
Consulter le texte officielRéglementation ATEX — Atmosphères explosives
Directive 1999/92/CE — Articles R4227-42 à R4227-54 du Code du travailTout employeur dont les activités génèrent des atmosphères explosives (solvants, gaz, poussières combustibles comme l'aluminium) doit classer les zones ATEX, rédiger un DRPCE intégré au DUERP et sélectionner des équipements conformes — une réglementation trop souvent méconnue des PME.
Consulter le texte officielAgents chimiques dangereux — dont CMR
Articles R4412-1 à R4412-93 du Code du travail — Règlement CLP (CE) n° 1272/2008Pour les agents CMR, des obligations renforcées s'appliquent : évaluation de l'exposition, substitution obligatoire si possible, fiche d'exposition individuelle, surveillance médicale renforcée et information des salariés, selon un système de classification harmonisé par le règlement CLP.
Consulter le texte officielBruit et vibrations au travail
Décret n° 2006-892 (bruit) — Décret n° 2005-746 (vibrations) — Articles R4431-1 à R4437-4 du Code du travailCes décrets fixent les valeurs d'action et limites d'exposition pour le bruit (80/85/87 dB(A)) et les vibrations (VMB : 2,5/5 m/s² ; VCE : 0,5/1,15 m/s²), dont le dépassement déclenche des obligations progressives et l'intégration au Compte Professionnel de Prévention.
Consulter le texte officielCompte Professionnel de Prévention (C2P) — facteurs de pénibilité
Articles L4163-1 à L4163-22 du Code du travail — Décret n° 2017-1768Le C2P s'applique aux salariés exposés à des facteurs de pénibilité au-delà des seuils réglementaires (bruit ≥ 81 dB(A)/600 h, nuit ≥ 120 nuits/an, vibrations ≥ 2,5 m/s²/450 h). L'employeur déclare ces expositions via la DSN, ouvrant aux salariés des droits à formation, temps partiel ou retraite anticipée.
Consulter le texte officielOrganismes de référence
INRS
Institut National de Recherche et de Sécurité
CARSAT
Caisse d'Assurance Retraite et Santé au Travail
Médecine du travail
Service de santé au travail interentreprises
Inspection du travail
Direction régionale (DREETS)
Mesures de prévention incontournables en Industrie
La prévention dans l'industrie manufacturière s'organise selon la hiérarchie des 9 principes généraux de prévention du Code du travail, en privilégiant systématiquement les protections collectives sur les équipements de protection individuelle. Elle couvre quatre grands axes complémentaires : la sécurité machine, la prévention des risques chimiques, la prévention des TMS et des RPS, et la formation des opérateurs.
Sécurité machine et protections collectives
4 mesures
Protecteurs de machines et systèmes d'interverrouillage
Priorité hauteLes protecteurs fixes et mobiles interverrouillés (norme EN ISO 14119) constituent la mesure prioritaire sur les machines-outils. Tout protecteur mobile doit empêcher la mise en marche tant qu'il n'est pas en place et provoquer l'arrêt dès son ouverture.
Procédure de consignation/déconsignation (LOTO)
Priorité hauteLa procédure LOTO (guide INRS ED 6122) consiste à identifier et consigner toutes les sources d'énergie d'une machine avant toute intervention de maintenance ou de réglage. Son application rigoureuse peut prévenir la majorité des accidents graves sur machines.
Aspiration des fumées, poussières et brouillards à la source
Priorité hauteL'aspiration à la source est la mesure la plus efficace pour réduire l'exposition aux agents chimiques : bras d'aspiration sur les postes de soudage, extraction intégrée aux machines d'usinage, hottes sur les bains de traitement de surface.
Délimitation et signalisation des zones de circulation
Priorité hauteLes voies piétons et engins doivent être physiquement séparées par des barrières ou marquages au sol visibles, avec miroirs aux croisements et vitesse limitée à 6 km/h dans les ateliers. Les zones de travail ne doivent jamais se trouver sur les voies de circulation des engins.
Prévention des risques chimiques CMR
3 mesures
Substitution des agents CMR par des alternatives moins dangereuses
Priorité hauteLa substitution est le premier principe pour les CMR : remplacer les solvants chlorés par des alternatives aqueuses, utiliser des huiles de coupe à base végétale sans additifs cancérogènes. L'INRS publie des guides de substitution par secteur (série ED 6xxx).
Traçabilité des expositions et fiches individuelles d'exposition
Priorité hautePour chaque salarié exposé à un CMR, l'employeur doit établir une fiche d'exposition précisant l'agent, la durée et les conditions d'exposition, transmise au médecin du travail et conservée 40 ans. Cette fiche est déterminante pour la reconnaissance d'une maladie professionnelle à longue latence.
Surveillance médicale renforcée des exposés aux CMR
Priorité hauteLes salariés exposés aux CMR bénéficient d'un suivi individuel renforcé (SIR) avec examens cliniques et complémentaires adaptés à chaque agent. Ce suivi est au minimum annuel et se prolonge après la fin de l'exposition.
Prévention des TMS et amélioration ergonomique
3 mesures
Analyse ergonomique des postes et démarche TMS-Pros
Priorité hauteLa démarche TMS-Pros (INRS/CNAM) associe opérateurs, managers et médecin du travail à l'analyse des postes contraignants. Des outils standardisés (RULA, OCRA, REBA) permettent de quantifier le risque par poste et de prioriser les actions correctives.
Mécanisation et aide à la manutention
Priorité hauteManipulateurs pneumatiques, tables élévatrices, convoyeurs et cobots pour les assemblages répétitifs réduisent l'exposition aux TMS tout en améliorant productivité et qualité. Chaque investissement doit intégrer le coût évité en cotisations AT/MP.
Organisation du travail — rotation et variété des tâches
Priorité moyenneLa rotation entre postes aux contraintes différentes réduit les temps d'exposition aux gestes contraignants. Elle doit être réelle (pas entre deux postes sollicitant les mêmes structures anatomiques) et accompagnée d'une formation aux gestes adaptés.
Formation et habilitations obligatoires
3 mesures
CACES pour la conduite d'engins de manutention
Priorité hauteLe CACES (validité 5 ans) est obligatoire pour les chariots élévateurs (R489), grues de chargement (R490) et plateformes élévatrices (R486). L'employeur doit vérifier les CACES avant affectation et délivrer une autorisation de conduite interne par type d'engin.
Habilitations électriques et formation sécurité machine
Priorité hauteTous les intervenants en maintenance électrique doivent posséder une habilitation adaptée (B0, BR, BC, BE), recyclée périodiquement. Chaque opérateur et technicien de maintenance doit avoir reçu une formation spécifique à la procédure LOTO pour chaque machine sur laquelle il intervient.
Accueil sécurité des nouveaux salariés et intérimaires
RecommandéeL'accueil sécurité avant la première affectation doit couvrir les risques spécifiques de l'établissement, les consignes d'urgence, les règles de circulation, les EPI obligatoires et les procédures LOTO. Un livret d'accueil signé matérialise cet accueil.
Rappel : hiérarchie de prévention (Code du travail)
- 1Supprimer le danger à la source (substitution de produits, suppression du poste dangereux)
- 2Réduire le risque par des moyens techniques (ventilation, revêtement antidérapant)
- 3Protéger les travailleurs par des EPI (gants, chaussures de sécurité)
- 4Former et informer les salariés (gestes et postures, sécurité incendie)
DUERP Industrie : Word/Excel vs logiciel spécialisé
Comparer l'approche manuelle et l'utilisation d'un logiciel spécialisé pour votre DUERP industrie met en évidence des différences significatives en termes de conformité réglementaire (réglementations ATEX, CMR, machines), de temps investi et d'efficacité de la prévention.
Risques industriels pré-identifiés
Nécessite une expertise en prévention industrielle pour ne pas oublier les risques moins visibles (CMR, ATEX, vibrations) — risque d'omissions graves
Word/Excel
Base de risques industriels complète incluant ATEX, CMR, machines, pénibilité C2P — conforme aux référentiels INRS et CARSAT
Notre logiciel
Conformité réglementaire multi-textes
Très difficile à garantir sans veille juridique permanente sur les textes spécifiques à l'industrie (Directive Machines, ATEX, CMR, C2P)
Word/Excel
Mise à jour automatique selon les évolutions réglementaires — intégration de la réglementation ATEX, des seuils CMR et des facteurs C2P
Notre logiciel
Temps de réalisation
3 à 6 jours de travail pour un DUERP industrie complet, avec recours à un préventeur externe (CARSAT, IPRP) souvent nécessaire
Word/Excel
3 à 5 heures en répondant aux questions guidées adaptées à votre secteur industriel et à vos postes de travail
Notre logiciel
Intégration des facteurs de pénibilité C2P
Nécessite une analyse spécifique des seuils C2P par poste — souvent réalisée séparément du DUERP avec risque d'incohérence
Word/Excel
Les facteurs de pénibilité (bruit, travail posté, vibrations, manutentions) sont automatiquement évalués par rapport aux seuils C2P dans le DUERP
Notre logiciel
Format et exploitabilité
Souvent sur tableur — difficile à utiliser lors des audits ISO 45001, des inspections de l'inspection du travail ou des évaluations CARSAT
Word/Excel
PDF professionnel conforme ISO 45001, téléchargeable et partageable, avec un plan d'actions structuré et un registre des vérifications
Notre logiciel
Coût
Gratuit en interne mais coût caché élevé en temps (plusieurs journées) ou honoraires d'un prestataire externe (800 à 3 000 €)
Word/Excel
Abonnement mensuel accessible, rentabilisé dès le premier DUERP généré et en cas de contrôle ou d'audit évité
Notre logiciel
Questions fréquentes sur le DUERP en Industrie
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