Tout savoir sur le DUERP en Service à la personne
Les services à la personne regroupent un large spectre d'activités d'aide et d'accompagnement à domicile, exposant les intervenants à des risques professionnels souvent sous-estimés mais bien réels. Avec 2 505 salariés, 197 accidents du travail avec arrêt par an et 862 établissements recensés dans cette branche (données Assurance Maladie - Risques Professionnels), le DUERP est obligatoire dès le premier salarié conformément aux articles R4121-1 à R4121-4 du Code du travail. Les intervenants à domicile sont exposés aux troubles musculosquelettiques liés aux gestes répétitifs et aux postures contraignantes, aux produits chimiques ménagers, au travail isolé sans supervision directe et aux risques psychosociaux liés à la charge émotionnelle et à l'isolement professionnel. Notre plateforme génère un DUERP services à la personne complet et conforme en moins de 30 minutes, avec les risques pré-identifiés par type d'activité et la convention collective intégrée.
DUERP Service à la personne — En bref
Vue d'ensemble des points clés de cette page
Le DUERP en Service à la personne : une obligation légale depuis 2001
Le Document Unique est obligatoire pour tout employeur dès le premier salarié, conformément aux articles R4121-1 et suivants du Code du travail.
Document Unique obligatoire dès le 1er salarié
Toute structure de services à la personne (entreprise, association, particulier employeur via mandataire) doit élaborer et tenir à jour un DUERP couvrant l'ensemble des activités réalisées au domicile des bénéficiaires. L'évaluation doit intégrer les risques liés à l'environnement de travail non maîtrisé (domicile du client) et aux multiples interventions quotidiennes.
Amende de 1 500 euros (contravention de 5e classe), portée à 3 000 euros en cas de récidive. En cas d'accident au domicile d'un bénéficiaire sans DUERP, la faute inexcusable peut être retenue.
Agrément ou déclaration de services à la personne
Les structures de services à la personne doivent obtenir une déclaration ou un agrément préfectoral pour exercer leur activité. L'agrément est obligatoire pour les activités auprès de publics fragiles (personnes âgées, enfants, personnes en situation de handicap) et conditionne le bénéfice des avantages fiscaux et sociaux.
Exercice sans agrément pour les activités le nécessitant : perte des avantages fiscaux, sanctions administratives, risque de requalification des contrats.
Convention Collective Nationale des services à la personne (IDCC 3127)
La CCN des entreprises de services à la personne (IDCC 3127) encadre les conditions de travail des intervenants à domicile : temps de travail, déplacements inter-missions, frais kilométriques, formation obligatoire et équipements de protection. Elle impose des dispositions spécifiques pour la prévention des TMS et des risques psychosociaux.
Formation à la sécurité et aux gestes professionnels
L'employeur doit assurer la formation des intervenants aux risques spécifiques de leur activité : gestes et postures pour la manutention et l'entretien, utilisation sécurisée des produits chimiques ménagers, conduite à tenir en cas d'urgence au domicile du bénéficiaire, et prévention des risques psychosociaux.
Défaut de formation à la sécurité : responsabilité pénale de l'employeur en cas d'accident, faute inexcusable si le risque était prévisible et documentable.
Obligation de sécurité renforcée — travail au domicile d'autrui
L'employeur de services à la personne a une obligation de sécurité envers ses salariés intervenant au domicile de tiers, même s'il ne maîtrise pas l'environnement de travail. Il doit évaluer les risques à chaque nouveau domicile, fournir les EPI nécessaires et informer les bénéficiaires des conditions de sécurité requises pour l'intervention.
En cas d'accident au domicile d'un bénéficiaire, l'employeur ne peut s'exonérer en invoquant le fait que le lieu de travail ne lui appartient pas — la faute inexcusable est retenue si le risque n'a pas été évalué.
Évolution de la réglementation
Décret n° 2001-1016 du 5 novembre 2001 — création de l'obligation du Document Unique d'évaluation des risques professionnels pour toutes les entreprises dès le 1er salarié, applicable aux structures de services à la personne
Loi n° 2005-841 du 26 juillet 2005 relative au développement des services à la personne (plan Borloo) — structuration du secteur avec création de l'ANSP, agrément qualité pour les publics fragiles et avantages fiscaux pour les ménages employeurs
Convention Collective Nationale des entreprises de services à la personne (IDCC 3127) — encadrement des conditions de travail des intervenants à domicile, dispositions sur les déplacements, la formation et la prévention des risques
Loi n° 2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l'adaptation de la société au vieillissement (loi ASV) — renforcement des obligations de qualité et de formation des intervenants à domicile auprès des personnes âgées
Loi Santé au Travail n° 2021-1018 du 2 août 2021 — conservation du DUERP pendant 40 ans, dépôt dématérialisé. Avenant 2023 à la CCN IDCC 3127 sur la prévention des risques psychosociaux et l'amélioration des conditions de travail des intervenants à domicile
Pour en savoir plus sur vos obligations, consultez notre guide complet sur l'obligation du DUERP.
Les 10 risques professionnels majeurs en Service à la personne
Tableau interactif des risques évalués par gravité et fréquence d'exposition. Cliquez sur les en-têtes pour trier.
| Risque | Situations | Actions à mener | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Intervenante pressée par son planning enchaînant deux domiciles distants de 15 km en 20 minutes, conduisant au-dessus des limitations dans des conditions de circulation dense. | Très élevée4/4 | Quotidienne4/4 | Critique16/16 | Optimiser les plannings pour limiter les distances entre les domiciles et prévoir des temps de trajet réalistes, sensibiliser annuellement les intervenants au risque routier professionnel, vérifier que les véhicules personnels utilisés pour le travail sont assurés et entretenus, ne jamais planifier d'interventions nécessitant un déplacement sous pression. | |
| Intervenante nettoyant une baignoire à genoux pendant 30 minutes puis repassant debout pendant 2 heures, enchaînant ces gestes sur 4 domiciles différents dans la journée. | Élevée3/4 | 5/4 | Critique15/16 | Former régulièrement les intervenants aux gestes et postures adaptés à chaque type d'activité, fournir du matériel ergonomique (balai à manche télescopique, chariot de courses, genouillères), négocier avec les bénéficiaires la mise à disposition d'équipements adaptés, limiter le nombre d'interventions quotidiennes avec tâches physiques. | |
| Intervenante utilisant un détartrant acide dans une salle de bain peu ventilée immédiatement après avoir appliqué de l'eau de Javel, provoquant un dégagement de chlore gazeux toxique. | Élevée3/4 | 5/4 | Critique15/16 | Former les intervenants à la lecture des étiquettes et aux incompatibilités entre produits chimiques, fournir des gants de protection adaptés et des masques pour les produits les plus irritants, promouvoir l'utilisation de produits écolabellisés moins agressifs, interdire formellement le mélange de produits. | |
| Intervenante seule au domicile d'un bénéficiaire absent, victime d'une chute dans l'escalier sans possibilité d'alerter les secours depuis le sol. | Élevée3/4 | 5/4 | Critique15/16 | Mettre en place un système de pointage en début et fin d'intervention avec alerte automatique en cas d'absence de pointage, fournir un téléphone professionnel avec numéro d'urgence pré-enregistré, définir un protocole de vérification en cas de non-réponse de l'intervenant. | |
| Intervenante accompagnant depuis 3 ans une personne âgée dépendante dont l'état se dégrade, sans soutien psychologique ni espace de parole avec ses collègues. | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Organiser des groupes de parole réguliers entre intervenants pour rompre l'isolement, mettre en place un accès à un soutien psychologique confidentiel, former les responsables de secteur à la détection des signaux de souffrance au travail, valoriser le travail des intervenants par des retours réguliers et des perspectives d'évolution. | |
| Intervenante glissant sur un carrelage mouillé de salle de bain après le nettoyage, chutant et se blessant à la hanche contre le rebord de la baignoire. | Élevée3/4 | Quotidienne4/4 | Critique12/16 | Fournir des chaussures de travail antidérapantes à tous les intervenants, évaluer les risques de chute lors de la première visite au domicile de chaque bénéficiaire, signaler aux bénéficiaires les risques identifiés (tapis, fils électriques, éclairage insuffisant) et négocier les aménagements nécessaires. | |
| Intervenante apprenant en cours de matinée l'annulation d'une intervention et l'ajout d'une autre à l'opposé de son secteur, devant réorganiser sa journée dans l'urgence. | Moyenne2/4 | 5/4 | Élevé10/16 | Communiquer les plannings au minimum une semaine à l'avance avec un engagement de stabilité, limiter les modifications de dernière minute et compenser les ajustements par des temps de repos, définir clairement les missions et les limites de l'intervention chez chaque bénéficiaire. | |
| Intervenante confrontée aux insultes et gestes menaçants d'un bénéficiaire présentant des troubles du comportement, sans formation à la gestion de ces situations. | Élevée3/4 | Fréquente3/4 | Élevé9/16 | Former les intervenants à la gestion des situations d'agressivité et à la désescalade, mettre en place une procédure de signalement formalisée avec suivi, évaluer le risque d'agression lors de la mise en place de chaque nouvelle intervention, prévoir un accompagnement en binôme pour les premières interventions auprès de bénéficiaires identifiés comme à risque. | |
| Intervenante développant un eczéma de contact aux mains après des mois d'utilisation quotidienne de gants en latex et de détergents sans protection cutanée adaptée. | Élevée3/4 | Fréquente3/4 | Élevé9/16 | Fournir des gants sans latex (nitrile) à tous les intervenants, proposer des crèmes barrières pour la protection cutanée, favoriser l'utilisation de produits hypoallergéniques, orienter vers le médecin du travail tout intervenant présentant des symptômes allergiques pour adapter le poste. | |
| Intervenante nettoyant les sanitaires d'un bénéficiaire atteint d'une gastro-entérite virale sans gants adaptés ni désinfection spécifique. | Moyenne2/4 | Quotidienne4/4 | Élevé8/16 | Former les intervenants aux précautions standard d'hygiène (lavage des mains, port de gants, nettoyage des surfaces en cas de maladie), fournir des gants à usage unique et du gel hydroalcoolique, informer les intervenants en cas de maladie contagieuse au domicile du bénéficiaire. |
Les intervenants enchaînent 3 à 6 domiciles par jour avec des déplacements en voiture ou en transports en commun, créant un risque routier significatif aggravé par la pression des plannings serrés, les trajets courts en zone urbaine et la fatigue accumulée au fil de la journée.
Actions à mener
Optimiser les plannings pour limiter les distances entre les domiciles et prévoir des temps de trajet réalistes, sensibiliser annuellement les intervenants au risque routier professionnel, vérifier que les véhicules personnels utilisés pour le travail sont assurés et entretenus, ne jamais planifier d'interventions nécessitant un déplacement sous pression.
Les intervenants à domicile effectuent quotidiennement des gestes répétitifs (ménage, repassage, préparation de repas) dans des postures contraignantes (sols à genoux, bras en élévation, dos courbé) et manipulent parfois des charges lourdes (courses, équipements de ménage) — les TMS représentent la première cause de maladie professionnelle dans le secteur.
Actions à mener
Former régulièrement les intervenants aux gestes et postures adaptés à chaque type d'activité, fournir du matériel ergonomique (balai à manche télescopique, chariot de courses, genouillères), négocier avec les bénéficiaires la mise à disposition d'équipements adaptés, limiter le nombre d'interventions quotidiennes avec tâches physiques.
L'utilisation quotidienne de produits ménagers (détergents, désinfectants, détartrants, javellisants) expose les intervenants à des risques d'irritation cutanée et respiratoire, d'allergie de contact et de brûlure chimique, aggravés par le mélange involontaire de produits incompatibles (eau de Javel et acide).
Actions à mener
Former les intervenants à la lecture des étiquettes et aux incompatibilités entre produits chimiques, fournir des gants de protection adaptés et des masques pour les produits les plus irritants, promouvoir l'utilisation de produits écolabellisés moins agressifs, interdire formellement le mélange de produits.
Les intervenants travaillent systématiquement seuls au domicile des bénéficiaires, sans supervision directe ni collègue à proximité — en cas d'accident (chute, malaise, agression), le délai d'intervention des secours est allongé et la détection de l'incident peut être tardive.
Actions à mener
Mettre en place un système de pointage en début et fin d'intervention avec alerte automatique en cas d'absence de pointage, fournir un téléphone professionnel avec numéro d'urgence pré-enregistré, définir un protocole de vérification en cas de non-réponse de l'intervenant.
L'isolement professionnel structurel (travail seul chez les bénéficiaires sans contact avec les collègues), la charge émotionnelle (détresse des bénéficiaires, deuil, maltraitance) et le manque fréquent de reconnaissance sociale et salariale génèrent un épuisement psychologique chronique dans le secteur.
Actions à mener
Organiser des groupes de parole réguliers entre intervenants pour rompre l'isolement, mettre en place un accès à un soutien psychologique confidentiel, former les responsables de secteur à la détection des signaux de souffrance au travail, valoriser le travail des intervenants par des retours réguliers et des perspectives d'évolution.
Les domiciles des bénéficiaires présentent fréquemment des sols mouillés (salles de bain, cuisines), des tapis non fixés, des escaliers étroits et un encombrement qui créent un risque permanent de chute de plain-pied pour les intervenants, aggravé par le port de charges et les déplacements répétés.
Actions à mener
Fournir des chaussures de travail antidérapantes à tous les intervenants, évaluer les risques de chute lors de la première visite au domicile de chaque bénéficiaire, signaler aux bénéficiaires les risques identifiés (tapis, fils électriques, éclairage insuffisant) et négocier les aménagements nécessaires.
Les intervenants gèrent simultanément plusieurs tâches hétérogènes (ménage, courses, préparation de repas, accompagnement) dans des environnements changeants, avec des consignes qui varient d'un bénéficiaire à l'autre et des imprévus fréquents (annulations, urgences, changements de planning).
Actions à mener
Communiquer les plannings au minimum une semaine à l'avance avec un engagement de stabilité, limiter les modifications de dernière minute et compenser les ajustements par des temps de repos, définir clairement les missions et les limites de l'intervention chez chaque bénéficiaire.
Les intervenants à domicile peuvent être confrontés à des comportements agressifs de la part de certains bénéficiaires (troubles cognitifs, addictions) ou de leur entourage, ainsi qu'à des situations de harcèlement — ces agressions sont souvent minimisées mais leur accumulation génère une souffrance psychologique importante.
Actions à mener
Former les intervenants à la gestion des situations d'agressivité et à la désescalade, mettre en place une procédure de signalement formalisée avec suivi, évaluer le risque d'agression lors de la mise en place de chaque nouvelle intervention, prévoir un accompagnement en binôme pour les premières interventions auprès de bénéficiaires identifiés comme à risque.
Le contact répété avec les produits ménagers, le latex des gants et les allergènes domestiques (acariens, poils d'animaux, moisissures) peut provoquer des dermatoses professionnelles (eczéma de contact) et de l'asthme professionnel chez les intervenants les plus exposés.
Actions à mener
Fournir des gants sans latex (nitrile) à tous les intervenants, proposer des crèmes barrières pour la protection cutanée, favoriser l'utilisation de produits hypoallergéniques, orienter vers le médecin du travail tout intervenant présentant des symptômes allergiques pour adapter le poste.
Les intervenants sont exposés à des agents biologiques lors du nettoyage de sanitaires, de la manipulation de déchets ménagers, du contact avec des bénéficiaires malades ou porteurs de pathologies infectieuses, et de la présence d'animaux domestiques au domicile.
Actions à mener
Former les intervenants aux précautions standard d'hygiène (lavage des mains, port de gants, nettoyage des surfaces en cas de maladie), fournir des gants à usage unique et du gel hydroalcoolique, informer les intervenants en cas de maladie contagieuse au domicile du bénéficiaire.
Consultez notre liste complète des risques professionnels pour approfondir chaque catégorie de risque.
Comment rédiger un DUERP Service à la personne en 5 étapes
Le DUERP d'une structure de services à la personne présente la particularité majeure que le lieu de travail est le domicile du bénéficiaire, un environnement que l'employeur ne maîtrise pas directement mais dont il reste juridiquement responsable pour la sécurité de ses salariés.
Identifier les types d'activités et les profils de bénéficiaires
Distinguez chaque type d'activité (entretien du logement, aide aux courses, préparation de repas, garde d'enfants, accompagnement de personnes âgées) car les profils de risques varient selon la nature des tâches et l'état de santé des bénéficiaires.
Recenser les risques par type d'activité et d'environnement
Identifiez les risques liés aux gestes répétitifs du ménage, aux produits chimiques ménagers, aux déplacements entre domiciles, au travail isolé et aux situations de tension avec les bénéficiaires. Utilisez les retours des intervenants et les données d'accidents.
Coter les risques en intégrant l'environnement non maîtrisé
Tenez compte du fait que l'employeur ne maîtrise pas le domicile du bénéficiaire : les sols glissants, l'encombrement, les escaliers raides et l'éclairage insuffisant sont des risques récurrents mais variables d'un domicile à l'autre.
Définir les actions de prévention adaptées au travail à domicile
Formalisez les mesures de prévention réalistes pour le travail à domicile : fourniture d'EPI, formation aux gestes et postures, évaluation des domiciles à la mise en place, protocoles de sécurité pour le travail isolé et optimisation des plannings de déplacement.
Formaliser le DUERP et le rendre accessible aux intervenants
Diffusez le DUERP et les consignes de sécurité à tous les intervenants, mettez à jour après tout accident ou signalement de risque nouveau, et conservez 40 ans conformément à la loi Santé au Travail 2021.
Notre logiciel automatise ces 5 étapes en posant les bonnes questions adaptées au secteur service à la personne. Vous répondez, on génère votre DUERP conforme.
Besoin d'aide ? Lire notre guide de rédaction complet
Les unités de travail à évaluer dans votre Service à la personne
Dans les services à la personne, les unités de travail correspondent aux différents types d'activités réalisées au domicile des bénéficiaires. Un même intervenant peut cumuler plusieurs types d'activités dans la même journée, avec des risques qui s'additionnent d'un domicile à l'autre.
Entretien du logement et ménage
5 à 20 intervenants
L'intervenant réalise le nettoyage des sols, des sanitaires, de la cuisine et des surfaces, le repassage et le rangement. Les gestes répétitifs, les postures contraignantes et l'exposition aux produits chimiques ménagers caractérisent cette unité, qui concentre la majorité des TMS du secteur.
Aide aux courses et accompagnement extérieur
3 à 10 intervenants
L'intervenant accompagne le bénéficiaire pour les courses ou les réalise seul, portant les sacs et empruntant souvent des escaliers. Le risque routier lors des déplacements et le port de charges lourdes sont les risques dominants de cette unité.
Préparation de repas
2 à 8 intervenants
L'intervenant prépare les repas au domicile du bénéficiaire, utilisant les équipements de cuisine du domicile. Les risques de coupure, de brûlure et de glissade en cuisine s'ajoutent aux contraintes posturales et à l'inadaptation fréquente des équipements domestiques.
Garde d'enfants à domicile
2 à 6 intervenants
L'intervenant assure la garde et l'accompagnement d'enfants au domicile des parents. La charge physique (port d'enfants en bas âge), la vigilance permanente, le risque de chute (escaliers, jeux) et la responsabilité envers les enfants génèrent un stress spécifique.
Déplacements inter-missions
Tous les intervenants itinérants
L'intervenant se déplace entre 3 et 6 domiciles par jour, principalement en voiture personnelle. Le risque routier est le premier risque mortel du secteur, aggravé par les plannings serrés et la fatigue accumulée au fil des interventions.
Coordination et administration (bureau)
1 à 4 personnes
Le personnel de bureau (responsables de secteur, planificateurs, administratifs) gère les plannings, les relations avec les bénéficiaires et le suivi des intervenants. Les risques principaux sont les TMS du travail sur écran, le stress organisationnel et la charge émotionnelle liée à la gestion des situations difficiles.
Qu'est-ce qu'une unité de travail ?
Une unité de travail désigne un groupe de salariés exposés aux mêmes risques dans un même lieu ou une même situation de travail. Elle peut correspondre à un poste de travail, un atelier, un service ou un lieu géographique. L'identification des unités de travail est la première étape de l'évaluation des risques dans le DUERP.
Réglementation DUERP spécifique au secteur Service à la personne
Les services à la personne sont encadrés par le Code du travail pour la protection des salariés, le Code de l'action sociale pour l'agrément et la qualité des prestations, et la Convention Collective Nationale IDCC 3127 pour les conditions de travail spécifiques aux intervenants à domicile.
Code du travail — Document Unique et évaluation des risques
Articles R4121-1 à R4121-4 du Code du travailObligation d'élaborer et de tenir à jour le DUERP dès le premier salarié, avec mise à jour annuelle pour les structures de 11 salariés et plus. La particularité des services à la personne est que l'évaluation doit porter sur des lieux de travail multiples (domiciles des bénéficiaires) que l'employeur ne maîtrise pas directement.
Consulter le texte officielServices à la personne — agrément et déclaration
Articles L7231-1 à L7233-4 et R7232-1 à R7232-10 du Code du travailLes structures de services à la personne doivent être déclarées ou agréées selon les activités exercées. L'agrément est obligatoire pour les activités auprès de publics fragiles. Les conditions de l'agrément incluent des exigences de qualité de service et de conditions de travail des intervenants.
Consulter le texte officielConvention Collective Nationale des entreprises de services à la personne (IDCC 3127)
CCN des entreprises de services à la personne — IDCC 3127La CCN IDCC 3127 encadre les conditions de travail des intervenants à domicile : temps de travail, déplacements inter-missions (prise en charge des temps de trajet et frais kilométriques), formation obligatoire, fourniture des EPI et prévention des TMS et des RPS.
Consulter le texte officielObligation de sécurité de l'employeur — travail au domicile d'autrui
Articles L4121-1 à L4121-5 du Code du travailL'employeur a une obligation de sécurité de résultat envers ses salariés, y compris lorsqu'ils travaillent au domicile de tiers. Il doit évaluer les risques à chaque domicile, fournir les EPI nécessaires et informer les bénéficiaires des conditions requises pour l'intervention. La jurisprudence a confirmé que le fait de ne pas maîtriser le lieu de travail ne décharge pas l'employeur.
Consulter le texte officielLoi d'adaptation de la société au vieillissement (loi ASV)
Loi n° 2015-1776 du 28 décembre 2015Cette loi renforce les obligations de qualité et de formation des intervenants à domicile auprès des personnes âgées. Elle impose des formations spécifiques et une professionnalisation du secteur, avec des implications directes sur la prévention des risques professionnels.
Consulter le texte officielRisque chimique — produits ménagers et biocides
Articles R4412-1 à R4412-58 du Code du travailL'employeur doit évaluer le risque chimique lié à l'utilisation quotidienne de produits ménagers par les intervenants, former au risque de mélange de produits incompatibles et fournir les EPI adaptés. Les fiches de données de sécurité des produits couramment utilisés doivent être accessibles.
Consulter le texte officielOrganismes de référence
INRS
Institut National de Recherche et de Sécurité
CARSAT
Caisse d'Assurance Retraite et Santé au Travail
Médecine du travail
Service de santé au travail interentreprises
Inspection du travail
Direction régionale (DREETS)
Mesures de prévention incontournables en Service à la personne
La prévention dans les services à la personne s'articule autour de quatre axes : la prévention des TMS par la formation aux gestes et postures et la fourniture de matériel ergonomique, la maîtrise du risque chimique lié aux produits ménagers, la sécurisation du travail isolé au domicile et la prévention des risques psychosociaux liés à l'isolement professionnel.
Prévention des TMS et ergonomie du travail à domicile
3 mesures
Formation continue aux gestes et postures adaptés
Priorité hauteFormer chaque intervenant à l'embauche et recycler annuellement les formations gestes et postures avec des mises en situation pratiques : techniques de nettoyage des sols sans se baisser, postures de repassage, techniques de port de charges pour les courses. Ces formations doivent être adaptées aux conditions réelles du travail à domicile.
Fourniture de matériel ergonomique aux intervenants
Priorité hauteFournir à chaque intervenant un kit de matériel ergonomique : balai à manche télescopique, genouillères pour le nettoyage des sols, chariot de courses à roulettes, chaussures antidérapantes. Négocier avec les bénéficiaires la mise à disposition de planches à repasser à hauteur réglable et d'aspirateurs légers.
Organisation du travail limitant l'exposition aux risques TMS
RecommandéeLimiter le nombre d'heures de tâches physiques intensives (ménage, repassage) à 4 heures consécutives maximum, alterner les types d'activités dans la journée et prévoir des temps de récupération entre les interventions les plus physiques.
Maîtrise du risque chimique et biologique
3 mesures
Formation à l'utilisation sécurisée des produits ménagers
Priorité hauteFormer les intervenants à la lecture des étiquettes de danger, aux incompatibilités entre produits (eau de Javel et acide, eau de Javel et ammoniaque), aux précautions d'utilisation en espace confiné (ventilation des pièces) et aux premiers gestes en cas de projection ou d'inhalation.
Fourniture d'EPI adaptés et promotion de produits moins dangereux
Priorité hauteFournir des gants en nitrile (sans latex) résistants aux produits chimiques, du gel hydroalcoolique et des masques pour les produits les plus irritants. Promouvoir l'utilisation de produits ménagers écolabellisés moins agressifs et sensibiliser les bénéficiaires à leur achat.
Précautions d'hygiène pour le risque biologique
RecommandéeFormer les intervenants aux précautions standard d'hygiène : lavage des mains systématique, port de gants pour le nettoyage des sanitaires, informations sur les risques biologiques en cas de bénéficiaire malade. Prévoir un protocole d'information quand un bénéficiaire présente une maladie contagieuse.
Sécurisation du travail isolé et évaluation des domiciles
3 mesures
Système de pointage et de surveillance pour le travail isolé
Priorité hauteMettre en place un système de pointage en début et fin de chaque intervention (application mobile, appel téléphonique) avec alerte automatique vers le bureau en cas d'absence de pointage dans les délais prévus. Définir un protocole d'escalade : rappel téléphonique, puis contact du bénéficiaire, puis envoi d'un collègue ou des secours.
Évaluation des risques au domicile de chaque nouveau bénéficiaire
Priorité hauteRéaliser une visite d'évaluation au domicile de chaque nouveau bénéficiaire avant la première intervention, pour identifier les risques spécifiques (sols glissants, escaliers dangereux, encombrement, animaux, comportement du bénéficiaire). Documenter les risques identifiés et les communiquer à l'intervenant affecté.
Procédure de gestion des situations d'agressivité
Priorité hauteFormer les intervenants à la désescalade et à la gestion des comportements agressifs (troubles cognitifs, addictions). Mettre en place une procédure de signalement avec suivi et prévoir le retrait immédiat de l'intervenant en cas de danger. Assurer un accompagnement en binôme pour les premières interventions auprès de bénéficiaires identifiés à risque.
Prévention des RPS et du risque routier
3 mesures
Rupture de l'isolement professionnel
Priorité hauteOrganiser des réunions d'équipe régulières (a minima mensuelles) pour permettre aux intervenants de partager leurs difficultés, des groupes de parole encadrés par un professionnel pour les situations émotionnellement difficiles, et un accès à un soutien psychologique confidentiel.
Optimisation des plannings et des déplacements
Priorité hauteSectoriser les interventions pour minimiser les distances parcourues entre les domiciles, prévoir des temps de trajet réalistes et ne jamais planifier d'enchaînements imposant une conduite sous pression. L'intervenant ne doit pas être contraint de compenser les retards par une conduite à risque.
Sensibilisation au risque routier professionnel
RecommandéeOrganiser une sensibilisation annuelle au risque routier pour tous les intervenants utilisant leur véhicule personnel, vérifier que les véhicules sont assurés et en bon état, promouvoir les bonnes pratiques de conduite (pas de téléphone au volant, respect des pauses, adaptation aux conditions météo).
Rappel : hiérarchie de prévention (Code du travail)
- 1Supprimer le danger à la source (substitution de produits, suppression du poste dangereux)
- 2Réduire le risque par des moyens techniques (ventilation, revêtement antidérapant)
- 3Protéger les travailleurs par des EPI (gants, chaussures de sécurité)
- 4Former et informer les salariés (gestes et postures, sécurité incendie)
DUERP Service à la personne : Word/Excel vs logiciel spécialisé
La comparaison entre une rédaction manuelle du DUERP et l'utilisation d'un logiciel spécialisé révèle des différences significatives dans la prise en compte des risques propres au travail à domicile, l'adaptation aux contraintes du secteur des services à la personne et l'intégration de la convention collective.
Risques du travail à domicile pré-identifiés
Nécessite une connaissance des risques spécifiques au travail au domicile d'autrui : TMS du ménage, produits chimiques, travail isolé, déplacements — omissions fréquentes sur le risque chimique et le travail isolé
Word/Excel
Base de risques complète pour les services à la personne : TMS par type d'activité, chimique, travail isolé, RPS, routier — tous pré-identifiés par type de prestation
Notre logiciel
Intégration de la CCN IDCC 3127
Les dispositions de la convention collective sur les déplacements, les temps de trajet et la formation sont rarement intégrées dans les DUERP manuels des structures de services à la personne
Word/Excel
Obligations CCN IDCC 3127 intégrées : temps de trajet, frais kilométriques, formation obligatoire, EPI et prévention des TMS
Notre logiciel
Temps de réalisation
1 à 3 jours pour un DUERP couvrant les multiples types d'activités et les risques liés au travail au domicile de tiers
Word/Excel
15 à 30 minutes en répondant aux questions guidées adaptées aux structures de services à la personne
Notre logiciel
Évaluation des risques au domicile du bénéficiaire
L'évaluation par domicile est rarement formalisée dans un DUERP manuel — l'obligation de sécurité de l'employeur au domicile d'autrui est souvent méconnue
Word/Excel
Méthodologie d'évaluation des risques au domicile intégrée avec grille d'analyse type et rappel des obligations de l'employeur pour le travail chez autrui
Notre logiciel
Prévention du risque routier professionnel
Le risque routier des déplacements inter-missions est rarement évalué dans les DUERP manuels du secteur, malgré sa gravité potentielle
Word/Excel
Risque routier intégré avec recommandations de sectorisation, de planification des temps de trajet et de sensibilisation des intervenants
Notre logiciel
Coût total
Coût en temps de travail (1 à 3 jours) ou prestataire externe (500 à 1 500 euros) — risque de non-conformité élevé dans un secteur peu industrialisé
Word/Excel
Abonnement mensuel très accessible, adapté aux budgets des structures de services à la personne — rentabilisé dès la première mise en conformité
Notre logiciel
Questions fréquentes sur le DUERP en Service à la personne
Retrouvez les réponses aux 10 questions les plus posées sur le Document Unique en service à la personne.
D'autres questions ? Consultez notre FAQ complète sur le DUERP.
DUERP pour les métiers connexes
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